Coupes sombres dans le budget Environnement du Canada

Le 19 avril 2012 par Geneviève De Lacour
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Joe Oliver, ministre des ressources naturelles du Canada
Joe Oliver, ministre des ressources naturelles du Canada

Greenpeace Canada l’affirme. Les compagnies pétrolières sont les grandes gagnantes du vote du budget fédéral canadien 2012-2013 par le très conservateur gouvernement Harper.

Le gouvernement qui souhaite limiter l'intervention gouvernementale a décidé de réduire de 5,2 milliards de dollars canadiens (4 milliards d’euros) le montant du budget fédéral. Dans le lot, les dotations du ministère fédéral de l’environnement seront réduites de 88,2 M$ sur 3 ans (68 M€). Mais l’argent n’est pas tout.

Le gouvernement Harper a aussi promis une refonte totale du processus d'évaluation environnementale des grands projets énergétiques, comme la construction de pipelines par exemple. Ces projets seront dorénavant soumis à une seule évaluation environnementale.

Joe Oliver, ministre des ressources naturelles, a présenté le 17 avril dernier la procédure simplifiée d'examen de l'impact sur l'environnement des grands projets industriels, décriée par l'opposition et les écologistes. «Ce plan pour un développement responsable des ressources aidera à éviter de longs retards qui tuent les emplois potentiels et paralysent la croissance économique en mettant en péril des investissements de valeur», a expliqué le ministre.

Un projet de loi sera présenté au parlement dans les prochaines semaines, a indiqué son porte-parole, sans plus de précision.

Pour l’opposition de gauche et les écologistes, avec ce projet, les conservateurs au pouvoir font passer les intérêts des grandes entreprises avant ceux des populations locales et de l'environnement.

Le secteur des ressources naturelles emploie environ 760.000 personnes et représente une grosse partie des exportations canadiennes, a souligné pour sa part Joe Oliver. «La prochaine décennie verra plus de 500 projets proposés à travers le pays, soit des investissements totalisant quelque 500 Md$ canadiens (385 Md€)», a-t-il ajouté.

Selon la nouvelle réglementation, chaque projet fera l'objet d'une seule évaluation au niveau provincial, reconnue par le gouvernement fédéral qui n'en effectuera plus à son niveau, sauf pour des grands projets risquant d'avoir un impact très important. En outre, le nombre d'organismes fédéraux chargés de cette évaluation sera ramené de 40 à 3: l'Agence canadienne d'évaluation environnementale, l'Office national de l'énergie et la Commission canadienne de sûreté nucléaire.

Enfin, le temps imparti à l'étude de l'impact environnemental sera désormais limité à 12, 18 ou 24 mois, selon le type de l'enquête.

«Dans un budget qui semble avoir été écrit pour, et même par les compagnies pétrolières de l’Alberta, le gouvernement Harper vient mettre la hache dans le processus d’évaluation environnementale dont la population du pays dépend depuis plusieurs décennies», a déclaré Steven Guilbeault, coordonnateur général adjoint d’Equiterre, une ONG qui participait au huis clos du budget fédéral.

Les scientifiques aussi sonnent l’alarme: 625 chercheurs et spécialistes canadiens en biologie des milieux marins et aquatiques et en environnement ont envoyé une lettre au Premier ministre Stephen Harper pour lui demander de renoncer à inclure une mesure affaiblissant la loi sur les pêches. Le gouvernement fédéral songe à lever l'interdiction d'altérer les habitats des poissons. Cette disposition de la loi oblige Ottawa à demander la fameuse évaluation environnementale.

«La destruction d'habitats représente la première cause du déclin des espèces, ce qui est un fait reconnu par tous les écologistes et scientifiques du monde entier. La loi sur les pêches a toujours été un outil essentiel à la protection des habitats pour les poissons! Il ne fait aucun doute que l'affaiblissement de la protection des habitats projetterait une image irresponsable du Canada sur la scène internationale», expliquent les scientifiques dans leur lettre.

Enfin, le Canada qui gérait depuis les années 1970 une base de données du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) sur la qualité mondiale des eaux de surface a décidé d’économiser 851.000 dollars par an (655.000 euros) en stoppant d’ici 2014-2015 le financement du projet et sa gestion.

 



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