Coup dur pour les produits anticholestérol

Le 25 juin 2014 par Romain Loury
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4% des margarines et des produits laitiers
4% des margarines et des produits laitiers
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Les produits alimentaires à base de phytostérols, composants naturels des graines et des oléagineux, n’ont aucun bénéfice démontré contre les maladies cardiovasculaires, estime l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) dans un rapport publié mercredi 25 juin.

Présents surtout dans les margarines, les produits laitiers frais et les vinaigrettes, les produits à base de phytostérols sont censés réduire notre taux de LDL-cholestérol. Raison pour laquelle l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) s’est prononcée en faveur d’allégations du genre: «Les phytostérols contribuent à la baisse des taux de cholestérol, un facteur de risque dans le développement des maladies coronariennes».

Saisie par l’UFC-Que Choisir, l’Anses se montre assez peu convaincue de l’intérêt de ces produits, que l’on estime consommés par 3% des adultes. Selon elle, plusieurs bénéfices avancés demeurent encore très incertains. C’est ainsi que 30% de la population serait insensible aux phytostérols, n’en tirant donc aucun bénéfice sur le LDL-cholestérol.

Quant aux 70% restants qui en ressentent les effets, rares sont ceux qui ingèrent la dose de 1,5 à 2,4 grammes nécessaires à une baisse de 10% de ce cholestérol. Selon des données de l’étude Inca2, la consommation moyenne, chez les Français qui achètent ces produits, serait de l’ordre de 900 mg par jour.

Au-delà des doutes quant à l’efficacité sur le cholestérol, des incertitudes subsistent quant à la sécurité, quant à l’abondance de phytostérols dans le sang et à la diminution de bêta-carotène. Deux effets dont on ne peut exclure qu’ils favorisent le risque cardiovasculaire. Ce qui serait un comble…

Aucun effet préventif avéré

Pour l’Anses, l’ensemble de ces éléments (éventuelle baisse du LDL-cholestérol, présence de phytostérols, diminution du bêta-carotène) ne suffit pas à conclure quant au risque cardiovasculaire, qui ne se réduit pas à quelques marqueurs sanguins.

Pour cela, il faudrait mener une étude liant directement consommation de produits à base de phytostérols et maladies cardiovasculaires. Or «la seule étude épidémiologique n’apporte pas d’élément suffisant pour conclure à un bénéfice», constate l’agence.

Pour les personnes qui souhaitent réguler leur cholestérolémie, mieux vaut «consulter un professionnel de santé qui pourra notamment leur indiquer les mesures hygiéno-diététiques les plus adaptées à leur situation», juge l’Anses. Celle-ci rappelle que les produits à base de phytostérols ne sont pas recommandés aux enfants et aux femmes enceintes et allaitantes.

L’UFC-Que Choisir va plus loin, en déconseillant la consommation de ces produits: «Si les pouvoirs publics peuvent accepter un niveau de risque maîtrisé pour des médicaments, en revanche ils ne sauraient tolérer des risques éventuels pour des produits alimentaires qui peuvent être consommés hors de tout suivi médical». L’association «exige de la part des autorités nationales et européennes une réévaluation globale des bénéfices et des risques éventuels de ces produits».



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