Coup de poignard à l’agriculture bio

Le 28 juillet 2017 par Stéphanie Senet
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Quand les aides boudent l'agriculture bio
Quand les aides boudent l'agriculture bio

Les aides à la bio devront se contenter d’une minuscule part du transfert des aides accordées à l’agriculture conventionnelle, selon l’annonce faite le 27 juillet par le ministère de l’agriculture.

Mauvaise nouvelle pour l’agriculture biologique. Dans un communiqué, le ministre de l’agriculture Stéphane Travert a en effet décidé de ne transférer que 4,2% des crédits du 1er pilier[1] pour financer à la fois les mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC), les indemnités compensatoires des handicaps naturels (ICHN) et les aides à l’agriculture bio. Ce transfert sera notifié le 1er août à la Commission européenne.

Légalement, l’Union européenne autorise un Etat membre à transférer jusqu’à 15% des crédits. La France a donc placé la barre très au-dessous du financement demandé par les ONG françaises[2] pour garantir l’essor de la bio entre 2017 et 2020. En 2015 et en 2016, l’agriculture bio a en effet reçu 130 M€ de soutiens.

 

21 nouvelles fermes par jour

Un chiffre insuffisant alors que les conversions s’accélèrent au rythme de 21 nouvelles fermes chaque jour, selon l’Agence bio. «Les régions qui gèrent les fonds issus du 2ème pilier[3] n’ont plus un centime pour financer les aides à l’installation et au maintien des agriculteurs bio», alerte Stéphanie Pageot, présidente de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB).

 

Des discours aux actes

Cette décision va à l’encontre des déclarations faites par le ministre de la transition écologique et solidaire lors du lancement des états généraux de l’alimentation. «Je rêve d’un pacte entre les consommateurs et les paysans où il y aurait davantage de place pour les cultures biologiques et agro-écologiques», avait affirmé Nicolas Hulot le 20 juillet.

Cette mesure «contredit aussi les promesses de campagne du Président de la République sur les paiements pour services environnementaux et l’introduction de produits bio dans les cantines», rappelle Stéphanie Pageot. «Cela témoigne d’un manque criant de courage politique face à l’agro-industrie et l’agro-chimie». La FNAB n’attend plus rien des états généraux de l’alimentation. «Tout porte à croire qu’ils ne seront qu’une mascarade», ajoute-t-elle dans un communiqué



[1] Le 1er pilier vise les aides à l’hectare

[2] FNAB, Agir pour l’environnement, Greenpeace, France Nature Environnement, la Fondation pour la Nature et l’Homme, et WWF

[3] exploitations en zone de montagne, aides aux jeunes agriculteurs et à la bio

 



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