Coup de froid sur le réchauffement

Le 23 mai 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La planète se réchauffera. Reste à savoir de combien de degrés.
La planète se réchauffera. Reste à savoir de combien de degrés.

Les bonnes nouvelles climatiques continuent de tomber. On savait déjà que le réchauffement a marqué une pause [JDLE]. On se félicite du fait que le niveau des mers soit appelé à moins grignoter les continents que prévu [JDLE]. Voilà désormais que le réchauffement se… rafraîchit.

Dans un article mis en ligne en début de semaine par Nature Geoscience, une équipe internationale, menée par Alexander Otto (université d’Oxford), affirme que le thermomètre global sera moins enclin à grimper que ce que les projections du Giec[1] laissaient supposer jusqu’à présent.

Les 6 familles de scénarios, publiés en 2007 dans le 4e rapport d’évaluation du Giec, annoncent un réchauffement global compris entre 1,1°C et 6,4°C d’ici la fin du siècle. La largeur de la fourchette s’expliquant, en grande partie, par l’incertitude de l’efficacité des mesures d’atténuation que pourrait prendre l’humanité.

Au vu de la croissance actuelle des émissions de gaz à effet de serre, nombre d’experts tablent désormais sur une hausse de la température moyenne globale qui pourrait atteindre, voire dépasser, les 3°C d’ici la fin du siècle.

Tel n’est pas le cas d’Alexander Otto et de ses confrères. En utilisant les plus récentes des données climatiques disponibles (qui montrent un découplage émission de GES et hausse des températures), les chercheurs confirment qu’il y aura bien réchauffement mais moindre qu’annoncé par le Giec.

Selon leur calcul, la température pourrait ne grimper que de 0,7°C à 2,5°C d’ici 2100, en cas de doublement de la concentration de CO2. Par la suite, le mercure pourrait poursuivre son ascension jusqu’à atteindre les 3,9°C par rapport à l’ère pré-industrielle.

«On peut voir le plateau actuel de température comme un rattrapage du réchauffement plus fort, et peut-être un peu anormalement élevé, des années 1990. Ou dire au contraire que c'est le plateau actuel qui est le plus "anormal" et qu'il y aura rattrapage plus tard», explique au JDLE Olivier Boucher, co-auteur de l’article et directeur de recherche au CNRS.

Reste à découvrir la(es) cause(s) de cette pause climatique. Des climatologues l’attribuent à un formidable stockage d’énergie par l’océan. Certains penchent pour une surestimation de l’impact «réchauffant» de certains nuages. D’autres parient pour une variabilité naturelle du climat plus importante qu’escompté.

Quoi qu’il en soit, tout le monde se retrouve pour poursuivre les recherches. «Ce n’est pas parce que nous avons observé une pause climatique, lors de la dernière décennie, que nous devons jeter nos modèles ou cesser nos travaux sur la compréhension du climat», conclut Alexander Otto .



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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