Côtes-d’Armor: épidémie reprotoxique dans un laboratoire d’analyse

Le 18 mars 2016 par Romain Loury
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Des solvants impliqués?
Des solvants impliqués?

Dans les Côtes-d’Armor, un laboratoire d’analyse est le siège d’une série de malformations congénitales chez les enfants du personnel, révèle un rapport publié mardi 15 mars par l’Institut de veille sanitaire (InVS). Parmi les pistes privilégiées, celles de solvants reprotoxiques.

S’il n’est pas nommé par le rapport, le laboratoire évoqué par l’InVS est l’antenne du groupement d’intérêt public (GIP) Labocea à Ploufragan (Côtes d’Armor). Se revendiquant comme «le laboratoire public territorial d’analyses le plus important de France», Labocea, implanté sur cinq sites bretons, est notamment spécialisé dans la santé animale, l’eau et l’agroalimentaire.

Si ni le laboratoire de Ploufragan, ni la direction de Labocea n’ont donné suite aux demandes d’entretien du JDLE, le premier a reconnu être le site évoqué par l’InVS. Selon le rapport, la suspicion a été signalée en mai 2011 par un médecin du travail aux autorités sanitaires, qui ont mené l’enquête.

Selon le rapport publié mardi par l’InVS, qui a analysé 120 grossesses survenues depuis l’implantation du laboratoire en octobre 1988, l’incidence de malformations congénitales est multipliée par 3,09 par rapport à la population générale, voire par 8,08 chez les personnes travaillant dans le service de chromatographie. Les chercheurs n’ont pas trouvé de surincidence de fausses couches.

Les solvants mis en cause

L’analyse révèle de fortes disparités selon le poste de travail. Par rapport aux personnes travaillant à un poste biologie au sein du laboratoire, prises comme référence, le risque de malformations congénitales est multiplié par 7,65 aux postes chromatographie, et même par 11,42 pour les postes «mixtes» (chimie, biologie).

Sans écarter la possibilité d’un hasard statistique, l’InVS évoque la piste des solvants, dont «plusieurs sont régulièrement utilisés [dans les laboratoires d’analyse], certains considérés comme reprotoxiques».

«Bien que nous ne puissions nous prononcer sur un rôle causal des expositions, nos résultats sont compatibles avec plusieurs études déjà réalisées dans ce domaine et dans lesquelles l’exposition aux solvants était mieux documentée que ce soit pendant ou avant la grossesse», ajoute l’Institut.



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