Copenhague se voit déjà neutre en carbone

Le 04 octobre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Comme le Royaume-Uni ou la France, le Danemark a prévu de réduire de 80 % ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050. Mais contrairement à ses deux puissants partenaires, le royaume scandinave a déjà sa feuille de route.

Mise en place en 2008, la klimakommissionen avait pour tâche de préparer la stratégie climatique nationale à long terme. C’est désormais chose faite. Ce lundi 4 octobre, la Commission danoise en charge de la politique climatique a publié son rapport sur les meilleures façons de décarboner le système énergétique local.

Et le sujet ne manque pas d’ambition. Car 80 % de l’énergie consommée localement est tirée des hydrocarbures. Considérable (et comparable à la française !), cette part devra être réduite à néant en moins de 40 ans. Pas si simple.

Cela ne rebute pas pour autant les experts danois. Ces derniers préconisent tout d’abord d’électrifier nombre d’usages énergétiques, à commencer par les transports. L’électron fournit 20 % de l’énergie consommée actuellement. Si le parc automobile était totalement électrifié, cette part pourrait monter à 70 %.

Les énergies renouvelables ne sont pas oubliées, notamment l’éolien, pour lequel les constructeurs nationaux (Vestas et Nordex) figurent parmi les leaders mondiaux. Selon le rapport, le Danemark devra considérablement accroître son parc de turbines, dont la capacité totale installée pourrait atteindre 18.000 mégawatts, soit 6 fois plus qu’aujourd’hui. La majorité de ces machines devant être installées en mer. Une telle puissance permettrait de produire au Danemark 6 à 8 électrons sur 10, contre 2 en 2010.

Mais les moulins à vent ne suffiront pas. Aussi, la klimakommissionen préconise-t-elle de les coupler à des centrales thermiques brûlant de la biomasse et des déchets. Pas question, en revanche, d’investir dans l’énergie nucléaire ou la séquestration géologique du carbone.

Economie et efficacité énergiques seraient également à l’honneur. Le panel estime qu’une réduction d’un quart de la demande (par rapport à celle d’aujourd’hui) est à portée de main, en généralisant bonnes pratiques et systèmes sobres.

La production décentralisée sera fortement encouragée. Les bâtiments, publics et privés, seront massivement dotés de systèmes de production d’énergies renouvelables : pompes à chaleur et chauffe-eau solaire, notamment.

Pour accélérer la transition, les experts recommandent la mise en place d’une taxe sur les combustibles fossiles à un niveau de 20 couronnes (2,8 euros) par gigajoules en 2020. Ce qui augmentera de 0,82 couronne le prix du litre d’essence ou de 0,06 couronne celui du kilowattheure. Ces montants seront toutefois appelés à croître, à mesure qu’augmentera le prix du quota d’émission de CO2 sur les marchés européens.

Evidemment, cette mutation ne sera pas gratuite. Et notamment pas pour les finances publiques, qui empocheront moins de taxes sur l’énergie. Les membres de la klimakommissionen espèrent toutefois que les finances danoises se rattraperont avec le développement de nouvelles industries : éoliennes, voitures électriques, réseaux de transport d’électricité, équipements individuels. Sans oublier les gains en matière sanitaire.



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