Copenhague: position commune de l’UE mais non chiffrée

Le 02 novembre 2009 par Sabine Casalonga
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Vendredi 30 octobre, à l’issue du Conseil européen, les chefs d’Etat européens ont arrêté la position de l'UE en vue de la conférence de Copenhague sur le changement climatique. Si le principe de l’aide aux pays du Sud –l’un des obstacles aux négociations internationales– ainsi que son montant global ont été confirmés, la contribution exacte de l’UE n’a toujours pas été annoncée.

Le Conseil européen a confirmé l’objectif de réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre d'au moins 50% d'ici 2050, par rapport à 1990, dont au moins 80 à 95% pour les pays développés. Mais aussi l’objectif européen de réduction de 30% des émissions d'ici 2020 en cas d’obtention d’un accord à Copenhague, au lieu de 20%. Les chefs d’Etat européens ont également confirmé le montant du besoin des pays en développement à 100 milliards d'euros par an d'ici 2020, dont 22 à 50 milliards d'euros par an d'ici 2020 devant être apporté par le soutien international des Etats. Mais la contribution propre de l’UE sera «subordonnée à la réalisation d’efforts comparables par d’autres acteurs clés», indique le Conseil.Cette position commune de l’UE a été rendue possible suite à l’adoption d’un compromis sur la répartition des efforts financiers au sein de l’UE afin de lever les réticences des 9 pays d’Europe centrales conduits par la Pologne, qui refusaient que les niveaux d'émissions de CO2 soient le critère de répartition principal pour l’aide aux pays pauvres.

Les associations de défense de l’environnement et les élus écologistes sont globalement très déçus de cet accord sans engagement chiffré. «L'Europe a manqué aujourd'hui [vendredi] l'occasion de devenir leader sur le climat», a déclaré Arnaud Gossement, porte-parole de France nature environnement (FNE). Corinne Lepage, eurodéputée et vice-présidente de la commission Environnement du Parlement européen (ALDE), juge la position du Conseil «frileuse» et «incompatible vis-à-vis de l’enjeu climatique [actuel]» tout en reconnaissant que «l’attitude des Etats-Unis et de la Russie est à ce jour clairement irresponsable».

Le WWF-international dénonce les messages «vagues» du Conseil «diminuant encore les espoirs d’un leadership européen fort dans la lutte contre le changement climatique». Karine Gavand, chargée de campagne climat à Greenpeace France déclare: «l’Union européenne doit impérativement joindre le geste à la parole et s’engager à financer à hauteur de 35 milliards d’euros le soutien aux pays en développement [sur une contribution de 110 milliards d’euros des pays industrialisés]». L’eurodéputé Jannick Jadot (Verts-ALE) dénonce quant à lui «le sommet de l’hypocrisie». Selon lui, les dirigeants européens souhaitent répartir la facture internationale en fonction des émissions de chaque pays et pas de leur richesse -ce qui permettrait de diviser par trois l’aide européenne (passant de 30 à 10%)- tandis qu’à l’échelle européenne, un mécanisme inverse fondé sur la prise en compte de la richesse a été choisi, afin de satisfaire les exigence des pays de l’Est.


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