COP21 : Bonn accouche d’un projet d’accord de Paris engraissé

Le 23 octobre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Laurence Tubiana enjoint les négociateurs à travailler plus vite.
Laurence Tubiana enjoint les négociateurs à travailler plus vite.
VLDT

Inflation. C’est le vocable qui résume le mieux les discussions qui se sont déroulées depuis lundi 19 octobre à Bonn. Sous la forte poussée des 134 pays membres du G77, Daniel Reifsnyder et Ahmed Djoghlaf, les deux diplomates qui pilotent la rédaction du projet d’accord de Paris, ont accepté à deux reprises d’intégrer de nouveaux paragraphes.

triplement du volume

Résultat: de 9 pages, le projet initial d’accord est passé à 33 pages, à l’heure où nous mettons en ligne. A cela, il faut ajouter les 23 pages de décisions qui devront être débattues et votées par la COP 21. Sans oublier une demi-douzaine de pages supplémentaires recensant les décisions qui devront être prises avant 2020.

Nombreuses avancées

Manquant encore un peu de recul, des observateurs s’accordent toutefois pour souligner de nombreuses avancées par rapport au texte ayant servi de base aux négociations, en début de semaine. «On a fait des progrès sur l’atténuation et sur la transparence, où il ne reste que des détails à régler», souligne Jennifer Morgan, directrice mondiale du programme Climat au World Resources Institute.

dernières INDC

Pendant qu’Oman, le Niger, les Emirats arabes unis, le Togo, Trinidad & Tobago et le Sri Lanka publiaient, avec retard, leur contribution nationale volontaire (INDC), les négociateurs renforçaient les textes. Côté pré-accord, le WWF se félicite de quelques avancées: répartition des responsabilités, notamment des pays développés, plans d’adaptation, transparence des données, état des lieux et possible révision des politiques climatiques nationales. «D’un texte lisse, les négociateurs ont fait un projet d’accord plus robuste et plus ambitieux», estime Pierre Cannet, responsable du programme Climat et Energie au WWF France. Côté décisions à faire adopter par la COP 21, des petits pas ont été faits en direction de l’action des acteurs non étatiques et de la fixation d’objectifs à long terme, compatibles avec les projections du Giec[1] et avec… les besoins des marchés du carbone, glisse Jeff Swartz, directeur de la politique internationale de l’association des traders de quotas et de crédits carbone (IETA).

 

Au cours d'une conférence de sythèse, Laurence Tubiana n'a pas caché, ce vendredi 23 octobre, qu'elle avait espéré un autre texte. L'ambassadrice de France aux négociations climatiques a aussi enjoint les négociateurs de «travailler plus vite.»

Bien que les pays riches ne soient toujours pas parvenus à sécuriser, lors de la conférence de Lima, le versement annuel des 100 milliards de dollars (90,5 Md€) à partir de 2020, des experts soulignent quelques progrès en matière des financements climatiques, mais aussi de réductions d’émission.

 

La suite des opérations est désormais (pratiquement) connue. Les deux «co-chairs», Daniel Reifsnyder et Ahmed Djoghlaf devraient de nouveau être chargés de produire pour les jours prochains une nouvelle version (plus lisible) des projets de textes. Lesquels seront examinés par les ministres en charge des discussions, lors d’une réunion « pré-COP » qui doit se tenir à Paris, du 8 au 10 novembre. Ensuite, ce sera le grand bain de la COP 21, dont les portes s’ouvriront le 29 novembre. A moins qu’entretemps, le G77 n’obtienne de la présidence française l’organisation d’une autre réunion préparatoire.



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus