COP en stock?

Le 21 mars 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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On préservera la biodiversité marine en protégeant au moins 30% de la surface de océans, estime Callum Roberts.
On préservera la biodiversité marine en protégeant au moins 30% de la surface de océans, estime Callum Roberts.
Callum Roberts

Un nouveau round de négociations sur la protection de la haute mer s’ouvre le 28 mars. Le début d’un cycle décisif pour la préservation de la biodiversité marine.

La COP 21 ne tourne pas la tête qu’aux membres du gouvernement français. Certains environnementalistes estiment que le succès obtenu en décembre dernier par la diplomatie tricolore est le début d’une longue série. Et qu’il faut donc convaincre le gouvernement Valls de se faire le héros de leur problématique.

Callum Roberts est de ceux là. Ce professeur de biologie marine à l’université de York était à Paris, ce lundi 21 mars, pour sensibiliser les fonctionnaires du Quai d’Orsay à un événement qui lui tient particulièrement à cœur: la PrepCom1.

Révision de Montego Bay

Ce barbarisme onusien désigne le premier round de négociations ayant pour but de faire évoluer la convention sur le droit de la mer, dite de Montego Bay. Entré en vigueur en 1994, ce texte encadre l’exploitation des fonds marins, mais pas de la colonne d’eau. «C’est à cause de ce vide juridique que l’on ne peut combattre efficacement les menaces sur la biodiversité marine et notamment la surpêche», explique Callum Roberts.

Quatre réunions multilatérales doivent se tenir d’ici la fin de 2017. La première se déroulera à New York, du 28 mars au 10 avril. Ce n’est qu’en 2018 que débuteront les tractations finales qui aboutiront, peut-être, à la signature d’un traité sur la préservation écologique de la haute mer. En langage onusien, cela se traduit par l’élaboration d’un «instrument international juridiquement contraignant se rapportant à la convention des Nations unies sur le droit de la mer et portant sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale».

10% des zones marines

Fruit d’une résolution adoptée en juin 2015 par l’assemblée générale de l’ONU, ce programme a pour objectif essentiel de donner aux Etats les moyens d’atteindre le 14e objectif de développement durable (ODD): conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines. L’une des cibles les plus connues est de préserver au moins 10% des zones marines et côtières d’ici à 2020. Cinq fois plus qu’aujourd’hui.

Les mécanismes pressentis sont connus: création d’aires marines protégées (AMP), mécanismes de partage des bénéfices lors de l’exploitation des ressources génétiques, mais aussi contrôle plus serré des flottes de pêche. «Et dans ce cas, pas besoin de développer les marines de guerre, explique le scientifique britannique. On peut suivre les chalutiers très efficacement grâce aux satellites.»

La France en tête?

La France ne devrait pas être trop difficile à convaincre. Lors des travaux préliminaires, Paris avait poussé pour inclure la pêche dans cette future régulation de l’exploitation de la biodiversité marine, au grand dam du Japon ou de l’Islande. Il n’est pas certain, en revanche, que les diplomates tricolores accèdent à toutes les demandes du chercheur.

Dans l'article qu’il publie ce lundi 21 mars dans Conservation Letters avec 5 collègues, Callum Roberts estime que l’objectif de protéger 10% des zones marines est insuffisant pour enrayer l’érosion de la biodiversité marine: «Nous avons compilé 144 études pour voir si l’ODD était réaliste. Nos conclusions sont qu’il faut protéger 30 à 40% de la surface des océans pour que cette protection soit efficace.» Tout le monde est d’accord, les satellites n’y suffiront pas. Callum Roberts milite d’ailleurs pour la création d’une nouvelle agence onusienne chargée de la régulation de la haute mer. Là encore, il n’est pas certain d’être suivi.



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