COP Bretagne: une bonne volonté, mais beaucoup de flou

Le 14 mars 2017 par Marine Jobert
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Journée inaugurale à St Malo.
Journée inaugurale à St Malo.
MJ

La Bretagne veut adapter à l’échelle régionale les problématiques climatiques, énergétiques et environnementales pointées lors des grands sommets internationaux. Avec quelles méthodes? Avec quels acteurs? Avec quels objectifs? La journée de lancement est loin d’avoir répondu à toutes ces questions.

Honni soit qui mal y pense: la COP Bretagne, inaugurée le 9 mars 2017 à Saint-Malo ne sera pas une séquence de «BreizhWashing», selon l’astucieuse expression de Loïg Chesnais-Girard, le vice-président de la Région Bretagne. Ce «carrefour des transitions», qui ambitionne de mettre tous les acteurs autour de la table pour envisager le devenir énergétique et écologique de la Bretagne, se donne un an et demi pour dessiner un futur désirable pour ses quelque 3,3 millions d’habitants à l’année. Selon quelles méthodes? Un cahier des engagements devrait voir le jour, qui proposera «des actions concrètes d'ici fin 2017» et un «événement citoyen» à la fin 2018, promet l’exécutif.

Trop bretonno-bretonne?

Une «approche intégrale» est indispensable, plaide Nicolas Hulot via une allocation vidéo, dans laquelle «tous les acteurs co-construisent, comme dans l’esprit du Grenelle.» «Nous avons besoin de méthodes, d’objectifs et d’indicateurs quantifiables, ainsi que de transversalité», souligne Denez l’Hostis, le président de France Nature Environnement, qui déplore que la circonférence de cette conférence soit «trop bretonno-bretonne.»

Sécheresses bretonnes

Sur la scène, un orateur glace autant qu’il réjouit les 700 personnes venues dans la cité malouine. Gilles Bœuf, ancien directeur du muséum national d’histoires naturelles égrène, dans un discours bien rôdé, les catastrophes qui frappent la planète. «Imaginez les sécheresses ici, avec le système hydrologique breton!», prévient le professeur d’université. «Pensez aux îles, imaginez notre littoral, avec 2 mètres de montée des eaux, s’alarme le Douarneniste. Il faut se battre pour la Bretagne, mais il faut regarder au-delà.»

Les agriculteurs quasi absents

Jean Salmon n’est plus aux affaires. Mais le président de la chambre régionale d’agriculture de 1995 à 2007 se souvient que dans ces années, «l’environnement était perçu comme la négation du développement économique.» Dans la salle, beaucoup de représentants d’associations de protection de la nature se souviennent des épiques batailles qu’il a fallu mener pour dénoncer et réparer les pollutions des masses d’eau. Les rangs des représentants des agriculteurs, eux, sont clairsemés et aucune table-ronde sur le 2ème plus secteur d’emplois de la région n’est programmée.

Un témoignage édifiant

Le président du label ‘Produit en Bretagne’, qui rassemble 400 entreprises régionales, dont 150 du secteur de l’agroalimentaire, prend le micro. «On n’est pas directement engagés sur la problématique environnementale, reconnaît Loïc Hénaff. Silence stupéfait dans la salle. Mais on croit à l’intégration de notre activité dans le territoire, forcément restreint, auquel on doit porter une attention toute particulière.» Il touche le sol breton, berceau de ses ancêtres, pour bien se faire comprendre. Et d’expliquer que pour une entreprise, «le temps long, c’est à 5 ans», une durée incompressible, même au cœur d’une transition de l’économie «plus respectueuse et plus durable».

Actions coups de poing

Pourquoi avoir invité un industriel qui assume à voix haute que la protection de l’environnement n’est pas un objectif en soi? «La difficulté de la Région, c’est qu’elle manque de relais dans le monde économique», observe Gilles Huet, d’Eau et rivières de Bretagne. «Les actions coups de poing sont nécessaires pour éveiller les consciences, mais faisons attention à ne pas fragiliser les entreprises, prévient l’héritier des pâtés les plus célèbres de Bretagne. On aura beau mettre des réglementations, on aura beau faire des incantations, ça ne marchera pas. La destruction créatrice, ça me terrifie», conclut-il. A bon entendeur!

 



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