COP 25: la dernière ligne droite

Le 12 décembre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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La COP des plantes vertes?
La COP des plantes vertes?
VLDT

A l'aube de l'avant-dernier jour du sommet climatique de Madrid, les perspectives ne sont pas au beau fixe.

 

A moins de 48 heures de la cessation des discussions, la torpeur gagne la COP 25. Malgré l’enthousiasme déclenché chez de nombreux observateurs par la publication, le 11 décembre, du projet de Green Deal européen, les «copistes» s’ennuient.

En cause: la partie politique de la discussion traîne en longueur, alors que de nombreux sujets ont d’ores et déjà été reportés à l’année prochaine, comptabilité nationales des émissions et adaptation en tête. Un signe: Paul Watkinson, président de l’organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique (SBSTA), chargé de coordonner les négociations entre experts, est au «chômage technique» depuis deux jours.

décevant Japon

Hors les salles de réunion, l’optimisme n’est pas au rendez-vous. Longtemps présenté comme un possible revenant dans la course à la décarbonation, le Japon a profondément déçu ses partisans. Mercredi 11 décembre, au cours d’une rare conférence de presse, le jeune ministre de l’environnement nippon, Shinjiro Koizumi, a confirmé l’engagement de l’archipel en faveur du … charbon. Depuis la catastrophe de Fukushima, le quart de l’électricité nippone est produite avec le pire des combustibles pour le climat. Et les projets sont légion.

Selon un décompte effectué, il y a quelques semaines, par Carbon Tracker Initiative (CTI), les compagnies productrices d’électricité prévoient de mettre en service dans les prochaines années une vingtaine de nouvelles tranches, pour une capacité totale installée supérieure à 11 GWe. De quoi alourdir de quelques millions de tonnes le bilan carbone annuel de l’empire du soleil levant.

Bruxelles, qui aura du mal à faire accepter en l’état son projet de Green Deal par les 28 et le parlement européen, ne peut donc espérer nouer une alliance climatique avec Tokyo, pour faire contrepoids à la sortie annoncée de l’accord de Paris de Washington. Reste la Chine, dont la politique climatique est des plus dévastatrices. Et le restera probablement dans les années qui viennent, à en croire les esquisses de sa prochaine contribution nationale volontaire (NDC).

quel leadership?

L’Europe en peine pour accroître son ambition, des Etats-Unis en fuite, une Chine qui n’en fait qu’a sa tête: qui pour relancer la dynamique climatique internationale? C’est la question ouvertement posée par le secrétaire général de l’ONU. «Les grands émetteurs doivent comprendre que leur rôle est essentiel. S’ils échouent, tout s’écroule», résume António Guterres.

Dans son étude annuelle sur les résultats des politiques climatiques nationales, Climate Action Tracker (CTA) estime désormais que la mise en œuvre effective des NDC publiées en 2015 conduirait, d’ici la fin du siècle, à un réchauffement global moyen compris entre 2,3 et 3,5°C. Comme ces politiques sont peu ou mal conduites (cf. l’exemple français), nous sommes plutôt sur une trajectoire de hausse du thermomètre flirtant avec les 4°C d’ici à 2100, indique le consultant.

Pas rassurant, à moins d’un an de l’échéance de la publication des NDC n°2. A ce propos, 73 pays ont confirmé leur intention de publier l’an prochain leur nouvelle politique climatique, indique Carolina Schmidt, la présidente chilienne de la COP 25. Bonne nouvelle. Mauvaise nouvelle, leurs émissions représentent moins de 10% des rejets anthropiques de gaz à effet de serre.



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