Cop 24: les forces en présence

Le 30 novembre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Tous désunis pour lutter contre le réchauffement.
Tous désunis pour lutter contre le réchauffement.
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Entre les Etats-îles qui craignent d’être submergés par la montée des eaux, les pays industrialisés qui ne veulent pas trop faire d’efforts et les émergents qui ne veulent pas sacrifier leur marche vers le développement, le monde du climat n’est pas uniforme.

 

Pour la deuxième année consécutive, l’Europe joue à domicile. L’an passé, le sommet climatique mondial était bien présidé par les Îles Fidji, mais dans l’ancienne capitale de la république fédérale d’Allemagne. Logistique et aide politique étaient fournies par le gouvernement Merkel. Ce sommet-là, qui doit se dérouler du 2 au 14 décembre, est orchestré à Katowice, cité charbonnière de Silésie, par le gouvernement polonais.

messages polonais

Bien sûr, Varsovie profitera de cette quinzaine pour délivrer les quelques messages qui lui tiennent à cœur: le charbon (qui fournit 95% de son électricité) est encore là pour longtemps, les forêts sont des puits de carbone à exploiter pleinement, la transition énergétique doit être équitable. «Mais après tout, ce sont de vraies questions qui sont posées par de nombreux pays», temporise Lola Vallejo, directrice du programme Climat de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri).

Mais la vraie vedette devrait être l’Union européenne. Toute à son ambition de reconquérir le leadership de la lutte contre le réchauffement, Bruxelles a publié mercredi sa stratégie bas carbone. Avec pour objectif final: la neutralité carbone en 2050. Une première mondiale!

L'Europe, la France et la Chine

Cela n’interdit pas les accords passés dans le dos du commissaire européen au climat. Ce vendredi 30 novembre, la France et la Chine se sont entendues sur l’un des principaux points à l’ordre du jour de la COP 24. Dans un communiqué, le Quai d’Orsay se félicite de ce que les deux pays s’engagent avec leurs alliés à faire adopter à Katowice «un paquet qui respecte l’esprit et la lettre de l’Accord de Paris. Les modalités, les procédures et les lignes directrices doivent être équilibrées, globales, robustes et opérationnelles afin de permettre la mise en œuvre effective de l’Accord de Paris, en tenant compte du principe des responsabilités communes mais différenciées, et des capacités respectives, eu égard aux différentes situations nationales.»

Un texte bien balancé qui devrait satisfaire les Européens sans pour autant choquer les 134 pays membres du G77, souvent des pays en développement ou peu avancés.

l'inconnue américaine

Il n’est pas certain, en revanche, qu’il soit bien perçu par les gouvernements regroupés au sein de l’Aosis. Cette coalition d’Etats-îliens se bat pour fixer au monde la plus drastique des contraintes carbone, seule à même de limiter la montée du niveau de l’océan qui pourrait engloutir certains de leurs membres, comme l’archipel des Seychelles.

La grande inconnue reste l’attitude américaine. Certes, le président Trump a annoncé sa volonté de sortir de l’Accord de Paris. Décision qui ne pourra légalement avoir d’effet qu’en 2020. Pour autant, les diplomates américains semblent jouer la montre. «Nombre d’entre eux ont participé à la COP 21. Ils ne font pas d’obstruction au processus actuel et laissent toutes les options ouvertes en vue d’un possible retour de Washington dans le jeu climatique mondial», estime Lola Vallejo.



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