COP 22: François Hollande prend la relève

Le 10 novembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La centrale solaire à concentration Noord, récemment mise en service par le Maroc.
La centrale solaire à concentration Noord, récemment mise en service par le Maroc.
Yves Leers

Lors de sa visite à Marrakech, le président de la République dressera un premier bilan de l’initiative française en faveur du développement des énergies renouvelables en Afrique.

 

Malgré le tsunami politique déclenché par l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, la négociation reprend ses droits à Marrakech. En milieu de semaine, la présidence marocaine a fait circuler une version préliminaire des conclusions de la première conférence des parties à l’Accord de Paris (CMA 1), qui se tient en parallèle de la COP 22 (conférence des parties à la convention Climat) et à la CMP 12 (conférence des parties au protocole de Kyoto).

Peu d’avancées concrètes dans ce premier jet qui appelle les pays manquant à l’appel à ratifier l’Accord de paris et confirme l’agenda acté l’an passé (notamment la révision des contributions nationales volontaires, NDC, en 2018).

Grandes annonces

Ce n’est un secret pour personne, à Marrakech, les grandes annonces se feront la semaine, durant le segment ministériel des discussions. Une semaine préparée avec attention par les autorités marocaines et françaises.
Hôtes de la conférence, les premières ont convié une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernement africains dans l’ancienne capitale impériale. Le royaume chérifien entend, en effet, réintégrer l’Organisation de l’unité africaine (OUA), 32 ans après l’avoir quittée. Un projet qui suscite maints débats dans le continent, notamment dans les capitales qui soutiennent les indépendantistes sahraouis, bêtes noires de la royauté marocaine.

Maintenir la dynamique

Côté français, il s’agit de maintenir la dynamique engagée l’an passé par Laurent Fabius, et soutenue par Ségolène Royal. L’un des points force sera la publication d’un premier bilan de l’initiative française pour développer les énergies renouvelables en Afrique. Le 1er décembre 2015, le président de la République avait annoncé que la France consacrerait, en 5 ans, 2 milliards d’euros d’argent public pour développer 2 gigawatts électriques (GWe) de capacité de production d’électricité renouvelable en Afrique[1]. «Le fait est que nous sommes allés plus vite que prévu sur ce dossier», dit-on dans les couloirs de l’Elysée.

En septembre, lors de l’assemblée générale de l’ONU, le ministère de l’environnement publiait un inventaire de 240 projets rapidement réalisables[2]. De quoi accroître de 45,4 GW le parc africain de production d’électricité.

1,8 GW de capacités nouvelles en 2017

A Marrakech, la délégation française devrait annoncer avoir pratiquement rempli son contrat. «Nous sommes en passe de finaliser 1,8 GW de capacités nouvelles[3]. Les contrats sont déjà signés dans la moitié des cas. Le reste le sera d’ici la fin de l’année», précise l’un des conseillers du président de la République. Les premiers mégawattheures pourraient être injectés sur les réseaux dès les premiers jours de l’été prochain.

Parallèlement, la France et l’Union européenne veulent développer les compétences énergétiques des énergéticiens africains. «Cela ne sert à rien de développer des centrales solaires ou des fermes éoliennes si les gestionnaires de réseau ne savent pas gérer l’intermittence de la production», poursuit notre conseiller.

Quid de l'argent français?

Reste à savoir si l’argent tricolore sera au rendez-vous. Deux conditions à cela. Que le Parlement vote, telle que rédigée par Bercy dans le projet de loi de finances 2017, la hausse des crédits à l’Agence française de développement (AFD). Et que l’Etat parvienne enfin à faire se rapprocher l’AFD et la Caisse des dépôts. Ce dernier dossier devant être bouclé dans les tout premiers jours de décembre. Si tout va bien.



[1] Parallèlement, d’autres pays et institutions ont promis 8 Md€. Au total, ce sont donc 10 Md€ qui doivent être investis dans les ENR en Afrique d’ici à 2020.

[2] Dont une quarantaine portés par la France.

[3] Soit l’équivalent de 1% du parc de production africain.

 



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