COP 21: Washington veut imposer son agenda

Le 01 octobre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Barack Obama multiplie les partenariats
Barack Obama multiplie les partenariats

Ne dîtes pas à Obama que ce sont les Français qui organisent le sommet Climat de Paris, fin 2015, il pense que c’est lui. Telle pourrait être résumée la situation qui se profile. Car depuis quelques mois Washington mène toute une série d’actions diplomatiques visant à imposer son tempo aux négociateurs climatiques.

L’administration américaine le dit depuis 20 ans: elle ne signera pas de traité. Ce texte devrait être ratifié par le Congrès, avec de forts risques d’insuccès. Comme ce fut déjà le cas pour le protocole de Kyoto, en 1997. Ce sera donc un accord international ou rien. Le reste du monde est prévenu. Cet accord, rappelle-t-on encore à Washington, devra engager toutes les parties. Là encore, il s’agit d’une vieille demande jamais remisée. Les Français parlent désormais de conclure «un accord universel».

 

Recruter des alliés

Aussi puissants soient-ils, les Etats-Unis ne sont pas tout seuls. Et leurs diplomates n’ont pas oublié que quelques pays «bolivariens» pouvaient faire capoter le résultat final d’un sommet climatique, comme on l’a vu à Copenhague en 2009. Nécessité fait donc loi de recruter des alliés.

En juillet dernier, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a conclu un accord de coopération stratégique sur l’énergie et le climat avec le vice-président de la commission chinoise pour le développement et la réforme (NRDC) Xie Zhenhua.

 

CSC et Smart Grids

Les Américains aideront leurs partenaires à déployer des normes d’émission des voitures et camionnettes, s’inspirant de celles mises en œuvre par Barack Obama en 2010. Pékin et Washington vont aussi collaborer dans le domaine très porteur des réseaux électriques intelligents (Smart Grids). La coopération sera également très poussée dans le domaine du captage-stockage de CO2 (CSC). Des compagnies chinoises devraient participer à un projet texan de centrale à cycle combiné à gazéification intégrée (IGCC). De plus, Chine et Etats-Unis se sont accordés pour utiliser les mêmes méthodes d’inventaire d’émission de gaz à effet de serre pour les secteurs-clés de la production d’électricité, la sidérurgie, le ciment, le verre, la céramique, l’aviation commerciale, la production d’hydrocarbures, la chimie et les mines. Les deux superpuissances ont aussi confirmé leur accord appelant à réduire production et consommation de HFC (puissants gaz à effet de serre), conclu en juin 2013. La Chine devrait prochainement publier sa stratégie climatique pour les prochaines années. Gageons qu’elle prendra en compte les partenariats conclus avec l’Oncle Sam.

 

Westinghouse et General Electric

Des partenariats qui ressemblent étrangement à ceux signés le 30 septembre par Barak Obama et Narendra Modi. A l’occasion de sa première visite d’état aux Etats-Unis, le Premier ministre indien a rappelé son attachement à la maîtrise de la production et de la consommation de… HFC. Washington a, de son côté, débloquer une ligne de crédit de 1 milliard de dollars (793 M€) pour faciliter le déploiement des énergies renouvelables en Inde. Un accord de coopération nucléaire a également été signé. Il ouvre grand la voie à la construction de réacteurs nucléaires, siglés Westinghouse et General Electric. Des chercheurs yankees vont aussi aider leurs confrères indiens à améliorer l’efficacité énergétique de l’industrie et des villes de la plus grande démocratie du monde. Signe des temps, le gouvernement indien parle désormais de décupler son objectif d’énergie solaire, fixé à 20.000 mégawatts crête en 2022 par l’administration de Manmohan Singh.

 

Stratégies climatiques

Certes, pas plus l’Inde que la Chine n’ont encore dévoilé leur stratégie climatique. Le processus des négociations climatiques leur donne d’ailleurs jusqu’au printemps 2015 pour le faire. Mais d’ores et déjà, on peut parier que le premier et le troisième émetteur mondial de GES feront la part belle aux réduction de gaz fluorés et de méthane, qu’ils développeront massivement les énergies renouvelables et nucléaire (Pékin prévoit de mettre en service une centaine de nouveaux réacteurs d’ici 2030). Et qu’ils appelleront les pays du Nord à investir lourdement dans les technologies bas carbone des deux grandes puissances d’Asie. Un scénario qui n’est pas pour déplaire à la Maison blanche.



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