COP 21: les négociations butent sur la question financière

Le 02 décembre 2015 par Romain Loury
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Laurent Fabius, président de la COP21
Laurent Fabius, président de la COP21
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De l’avis de plusieurs acteurs de la COP 21, les négociations sur le projet d’accord avancent, mais il demeure beaucoup de travail avant qu’un résultat ne soit rendu, samedi 5 décembre à midi, à la présidence de la conférence. Sans surprise, le sujet financier freine fortement les discussions.

Pour Laurent Fabius, président de la COP 21, il n’y a aucun doute: la conférence climatique «a pris un bon départ, avec une impulsion politique forte et une volonté très large de parvenir à un accord». Principaux émetteurs de gaz à effet de serre, la Chine et les Etats-Unis, par la voix de leurs présidents Xi Jinping et Barack Obama «ont eu des mots très clairs sur l’engagement de leurs pays dans la cause climatique», juge Laurent Fabius.

Une fois passé le temps des discours, où en est-on des négociations, qui ont débuté dimanche soir 29 novembre? Certes, elles progressent, «mais il faut accélérer le processus, il nous reste beaucoup de travail» avant que le projet d’accord ne soit rendu à la présidence de la COP 21, samedi à midi, en vue du «segment de haut niveau» lors de la seconde semaine. Message adressé aux négociateurs: d’ici samedi, il faut que le projet d’accord «soit le plus abouti possible, que le plus d’options aient été tranchées».

Après les discours, retour à la réalité

Si pour Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot (FNH), «les choses avancent», d’autres estiment que ce n’est pas forcément dans le bon sens: sous leur atours volontaires, les discours des chefs d’Etat «n’ont pour l’instant pas d’impact sur les négociations sur le texte», juge Alix Mazounie, responsable des politiques internationales au réseau Action Climat France, selon qui «il y a toujours les mêmes points de blocage».

Notamment la question financière, qui s’avère «la plus difficile», juge l’Américain Alden Meyer, de l’Union of Concerned Scientists. Or «seule une finance climatique revue à la hausse et prédictible permettra d’avancer sur d’autres sujets importants, notamment sur l’atténuation et l’adaptation», ajoute-t-il. Comme le sujet de l’adaptation, la question des pertes et dommages connaîtrait des avancées, mais semble en partie empêtrée dans des considérations financières.

Mardi 1er décembre, le Congrès américain, à majorité républicaine, a voté deux résolutions visant à limiter les émissions des centrales électriques, l’une sur les centrales existantes (Clean Power Plan), l’autre sur les centrales futures. Bien qu’ayant obtenu la majorité des voix, aucune n’a atteint les deux tiers des votants, nécessaires pour empêcher un véto présidentiel. «Ce n’est pas une grande surprise, on connaît la position au sein du Congrès de certains Républicains», a réagi ce mercredi Laurent Fabius, selon qui ce vote n’aura pas d’impact sur la position américaine et «n’empêchera pas les choses d’avancer».

Selon d’autres observateurs, c’est le sujet de l’expansion du pool de donateurs post-2020 qui serait particulièrement critique. Un écueil dont l’Arabie saoudite tire parti pour retarder le processus, croient-ils savoir. Quant à la période pré-2020, les pays en développement souhaiteraient accorder plus de place au sujet financier, tandis que ceux du Nord préfèrent mettre en avant l’atténuation.

Révision quinquennale, mais quand?

Parmi les questions abordées ce mercredi 2 décembre: la révision des contributions nationales, les INDC, qui s’achemine vers une périodicité quinquennale. Il faudra notamment prévoir une date pour les premières révisions, explique Matthieu Orphelin. «Pour la FNH, les pays qui doivent réviser leurs INDC en premier, ce sont ceux du G20. Les pays en développement ont quant à eux fait des contributions ambitieuses», juge-t-il.

Mardi, les négociateurs ont discuté du pic d’émissions globales. Parmi les options qui leur étaient offertes, figuraient «avant 2030» et «le plus tôt possible»: c’est cette dernière qui l’a pour l’instant emporté. «Ce n’est qu’une première analyse, ce pic va être de nouveau débattu. Mais il est évident qu’on aurait préféré voir ce pic fixé à ‘avant 2030’», indique le porte-parole de la FNH.



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