COP 21: Les climatologues confirment la médiocrité des engagements des Etats

Le 08 juillet 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Représentation du volume d'une tonne de CO2.
Représentation du volume d'une tonne de CO2.
Carbon Visuals

Les estimations se suivent et se ressemblent. Dans un entretien accordé au JDLE, l’ancien ministre au développement, Pascal Canfin, estimait que les promesses (INDC) faites par les Etats en amont du sommet de Paris sur climat représentaient le quart du chemin à parcourir pour stabiliser le réchauffement à 2°C. Ce pourrait être bien pire.

Ce mercredi 8 juillet, à Paris, au cours du colloque Our Common Future, plusieurs climatologues ont tenté d’évaluer le bénéfice climatique des 18 premières INDC. Non sans difficulté.

«Par nature, les INDC sont difficilement comparables entre elles, reconnaît Navroz Dubash, chercheur au centre de recherche politique, un think tank indien. Leur champ d’application varie considérablement d’un pays à l’autre; certaines incluent l’adaptation, la technologie, les financements, d’autres pas; on ne sait non plus quel est leur statut juridique.»

55 % des émissions

Michel Den Elzen s’est pourtant pris au jeu. L’analyste de l’agence d’évaluation environnementale des Pays-Bas (PBL) a évalué les effets, sur les émissions de gaz à effet de serre (GES), des 18 INDC déjà publiées. Bonne nouvelle, malgré leur petit nombre, elles sont représentatives, couvrant plus de 55 % des émissions anthropiques de GES.

Mauvaise nouvelle: les engagements nationaux sont très insuffisants pour stabiliser le réchauffement. «Au mieux, ils permettront d’éviter l’émission de 3 ou 4 GtCO2, soit 15 à 20 % de l’effort nécessaire», estime-t-il. Autant dire qu’on ralentira, à peine, l’irrépressible accroissement de la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Un bond des émissions

«Si les trajectoires annoncées par l’Union européenne ou les Etats-Unis sont cohérentes avec l’objectif des 2°C, ce n’est pas du tout le cas de la Chine», estime le climatologue néerlandais. Pas faux. Les dernières estimations font état d’un possible pic des rejets chinois vers 2030 ; un pic qui pourrait culminer à 15 Gt CO2 par an : quasiment moitié plus qu’actuellement. Selon les calculs de Michel Den Elzen, les émissions anthropiques, telles qu’annoncé par les INDC, devraient ainsi bondir à 58 Gt CO2, en 2030, contre 37 Gt en 2012.

«A ce rythme, avance Philippe Ciais, du laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE), l’humanité aura épuisé en 30 ans son budget carbone compatible avec le 2°C.»

Il y a trois semaines, l’agence internationale de l’énergie avait analysé les 12 premières INDC. Conclusion de l’agence de l’OCDE : «Si aucune mesure plus forte n’est prise après 2030, le scénario INDC aboutira à une augmentation moyenne de la température de 2,6°C d'ici à 2100.» 

 

SOMMAIRE DU DOSSIER

Les climatologues confirment la médiocrité des engagements des Etats 

A Lyon, les collectivités lancent leur appel climatique  

En 2040, l'agriculture à bout de souffle 

Habemus Papam climaticum

Les oublis du G7 

Les politiques nagent en pleine inconscience

La Norvège n'investira plus dans les bandits climatiques 

Washington publie ses promesses climatiques 

GES et agriculture : agir sur l'offre et la demande 

La forte ambition des citoyens pour le climat 

COP 21 : les difficultés apparaissent  

 

 

 

 



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