COP 21: la vision de la Commission européenne

Le 16 septembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'UE pourrait se fixer comme objectif une décarbonisation totale pour 2100.
L'UE pourrait se fixer comme objectif une décarbonisation totale pour 2100.

Les Européens ont toujours du mal à s’accorder sur leur politique climatique. En principe, l’Union doit préciser ses objectifs pour la COP 21, ce vendredi 18 septembre, à l’issue du conseil des ministres de l’environnement. Problème, à deux jours des réunions finales, les 28 ne sont toujours pas à l’unisson.

Pour le moment, la stratégie climatique communautaire est à peu près bordée jusqu’en 2030. Certes, le paquet climat énergie 2030 n’est pas encore formellement adopter. Pour autant, nul n’imagine que ses objectifs, présentés en octobre 2014, soient remis en cause : - 40%, «au moins», d’émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2030 ; que les Européens consomment 27% d’énergies renouvelables ; que l’Europe accroisse de 27% son efficacité énergétique.

Trajectoire à long terme

Ce qui coince, c’est la trajectoire à long terme. Le post 2030, en quelque sorte. Pour l’instant, les 28 s’accordent sur une baisse de moitié des émissions de GES entre 1990 et 2050. Soutenu par quelques Etats membres, Bruxelles souhaite aller plus loin.

Dans un projet de conclusion du conseil environnement qu’a pu lire le JDLE, la Commission propose, dans un premier temps, d’abattre de 60%, «au moins», les émissions européennes entre 2010 et 2050. Dans un second temps, il s’agirait de décarboner totalement l’UE, à l’horizon 2100. De quoi faire frémir les pays charbonniers (Pologne, Hongrie, Slovaquie) !

Accroître le niveau d'ambition

Il y a pourtant urgence à accorder les violons européens sur le long terme. Car, à Bruxelles comme dans les grandes chancelleries, on est convaincu que plus bleu sera l’horizon lointain, plus grandes seront les chances de conclure un accord à Paris, au mois de décembre. «Les contributions nationales ne sont pas suffisantes. A Paris, on ne sera donc pas là où l’on doit être [sur la trajectoire de la stabilisation du réchauffement à 2°C, ndlr], mais il faudra trouver les mécanismes qui permettront d’accroître le niveau d’ambition. D’où l’intérêt de fixer, dès à présent, des objectifs à long terme », résume Pierre Schellekens, chef de cabinet adjoint du commissaire à l’énergie et au climat.

Curieusement, la question du financement de l’aide à l’adaptation[1] ne fait pas débat. D’une seule voix, l’Europe devrait présenter début octobre, lors de la conférence FMI-Banque Mondiale de Lima, les modes de financement de sa contribution.

une quarantaine de milliards

Globalement, les Européens devraient fournir une quarantaine de milliards de dollars par an, moyennant un basculement de ses aides au développement et le soutien de ses banques (BEI). Sans oublier les capitaux privés, bénéficiant d’une garantie publique. Le dispositif doit néanmoins être validé lors des deux prochains conseils des ministres des finances européens.

Et l’accord de Paris ? Comment Bruxelles le veut-il ? Un peu comme tout le monde, serait-on tenté de dire : concis, compréhensible, contraignant. Il devra porter en lui les germes d’un système de comptabilité carbone et de vérification, seul à même de garantir la véracité des résultats des politiques nationales. Si l’Europe a enterré le mécanisme de développement propre, elle ne cracherait pas, en revanche, sur un système permettant de financer des projets bas carbone dans l’espace communautaire. Une sorte de Mise en œuvre conjointe (MOC) revue et corrigée.   

N’en déplaise à Jean Tirole, il faudra sans doute s’accommoder, longtemps encore, de plusieurs prix du carbone. Malgré des discussions, plus ou moins formelles, personne au sein de la Commission n’imagine de fusionner les différents marchés de quotas, en Europe, en Asie ou en Amérique. Seul le changement de gouvernement, en Australie, fait vaguement renaître l’espoir d’un lien entre l’ETS européen et un hypothétique marché des antipodes. Un espoir brisé, en son temps, par l’ex-premier ministre australien, Tony Abott.



[1] Les fameux 100 milliards de dollars que les pays industrialisés se sont engagés, en 2009, à verser chaque année aux pays vulnérables à partir de 2020.

 



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