COP 21: l’addition ne s’annonce pas si lourde

Le 25 septembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Xi Jinping et Barack Obama, aujourd'hui, à Washington.
Xi Jinping et Barack Obama, aujourd'hui, à Washington.
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C’est une annonce qui risque d’éclipser toutes les autres. Ce vendredi 25 septembre, Xi Jinping a précisé certaines mesures de la politique climatique chinoise. En visite d’Etat à Washington, le président chinois a annoncé l’ouverture, en 2017, du marché national de quotas d’émission de gaz à effet de serre.

La nouvelle n’a rien de surprenant. Depuis 2013, l’Empire du milieu expérimente 7 marchés régionaux, grâce auxquels le gouvernement chinois essaie de réguler les émissions de l’industrie lourde et de la production d’électricité. De nombreux observateurs espéraient une unification de ces marchés pour 2016. Ce sera finalement pour l’année d’après.

Marché chinois de quotas

Plus important: l’ouverture d’un marché national implique la fixation d’un plafond d’émission national. Un pas que la Chine s’était toujours refusée à franchir. Jusqu’à présent, les objectifs climatiques portaient non pas sur des limites d’émission mais un abattement du facteur carbone de l’économie. Lors du sommet de Copenhague, en 2009, Pékin avait promis de réduire de 40 à 45% l’intensité carbone de son économie entre 2005 et 2020.

En plus de donner un coup de pouce supplémentaire au développement des énergies renouvelables, Pékin va aussi renforcer ses contributions financières à destination des pays vulnérables. La Chine va notamment fournir 20 milliards de yuans (3,1 milliards de dollars) de financements climat pour aider les pays en développement à lutter contre le changement climatique.

Ensemble, les deux pays vont aussi renforcer les normes d’efficacité énergétique des poids lourds et « accélérer leurs efforts pour réduire les émissions  d’hydrofluorocarbures, gaz à effet de serre extrêmement puissants.

Pékin et Washington imposent conjointement leur agenda aux autres Etats engagés dans les négociations climatiques. Et particulièrement à l’Europe —qui sait depuis peu sur quelles bases s’engager— et à d’autres grands émetteurs à l’instar de l’Inde, dont la publication de la contribution nationale (INDC) est attendue pour la fin de la semaine.

Facture moins lourde que prévu

Si les 195 Etats concernés n’ont pas encore adressé à l’ONU leur INDC, une toute première esquisse des besoins des pays en développement est désormais possible. Carbon Brief a réalisé un premier décompte du montant du devis de l’atténuation et de l’adaptation aux conséquences des changements climatiques dans les pays les plus vulnérables. Surprise, pour le moment, les demandes ne sont pas exorbitantes. Selon notre confrère, la politique climatique des 18 pays concernés[1] nécessiterait un investissement global de 464 milliards de dollars (414,6 Md€) sur 15 ans, soit une trentaine de Md$ par an.

 



[1] Algérie, Benin, Comores, Congo, Côte d’Ivoire, Ethiopie, Erythrée, Gabon, Ghana, Guinée Equatoriale, Indonésie, Kenya, Madagascar, Maroc, Mauritanie, Mongolie, Tunisie.

 



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