COP 21: l’accord franco-chinois

Le 02 novembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Au fait, où comptabilise-t-on les émissions agricoles ?
Au fait, où comptabilise-t-on les émissions agricoles ?
Elysée

Les deux pays rappellent leur attachement à la conclusion d’un accord «ambitieux et juridiquement contraignant, fondé sur l’équité.»

François Hollande ne rentre pas bredouille de son voyage en Chine. Ce lundi 2 novembre, l’Elysée a dévoilé le texte de l’accord franco-chinois, conclu 4 semaines avant l’ouverture du sommet climatique de Paris.

Jugée importante par les autorités tricolores, la déclaration est moins audacieuse que les deux conventions sino-américaines. Elle n’en est pas moins intéressante. En trois pages le texte rappelle que les deux pays vont œuvrer à la conclusion d’un accord «ambitieux et juridiquement contraignant, fondé sur l’équité». Ce texte devra inciter les parties à établir, communiquer, mettre en œuvre et mettre à jour, tous les 5 ans, leurs contributions nationales (INDC). Un message adressé tout particulièrement aux Etats-Unis et à l'Inde, pour les inciter à ancrer plus solidement leurs INDC dans l’accord de Paris.

Rythme de décarbonation soutenu

France et Chine vont mettre l’accent sur une orientation de l’économie vers une réduction des émissions de carbone, «à un rythme compatible avec une croissance économique forte et un développement social équitable et avec l’objectif de contenir l’élévation de la température mondiale en dessous de 2°C». Les deux signataires oublient totalement les émissions d’origine agricole (20%du total). Ils semblent toutefois s’acheminer, à en croire le texte et le bilan que l’ONU a consacré aux engagements nationaux, sur la voie d’une décarbonation dont le rythme pourrait atteindre les 3% par an, à partir de 2030. Audacieux.

Atténuation et adaptation

Les deux parties formuleront, promettent-elles, «des stratégies nationales de développement sobre en carbone pour 2050»; ce qui pourrait ressembler, côté français, à la publication de la très attendue programmation pluriannuelle de l’énergie, déjà reportée. Cela ne suffira pas. Pékin et Paris rappellent «l’importance politique égale de l’atténuation et de l’adaptation au changement climatique». Ce qui implique que toutes les parties à la COP 21 devront non seulement préparer une stratégie d’atténuation mais aussi leur plan d’adaptation.

Les deux pays s’engagent aussi à augmenter leurs investissements publics dans les technologies à bas carbone. Les échanges bilatéraux sur le captage-stockage géologique de carbone, les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, l’économie circulaire, l’adaptation et le marché du carbone seront renforcés.

Pour intéressante qu’elle soit, cette déclaration pèse peu dans la conduite des négociations. Deux rendez-vous s’avèrent cruciaux avant l’ouverture de la COP: la réunion à Paris des ministres en charge des négociations, du 8 au 10 novembre, et dans la foulée le sommet du G20 d’Antalya. A Bonn, lors de la dernière session officielle de négociation, le texte du pré-accord de Paris était passé de 9 à 33 pages, sans compter les 23 pages de décisions annexes qui doivent être adoptées lors du sommet de Paris.



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