COP 21: jeu de dupes entre Washington et Paris

Le 12 novembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les USA ne veulent pas voter de nouvelles lois pour respecter leurs engagements climatiques.
Les USA ne veulent pas voter de nouvelles lois pour respecter leurs engagements climatiques.
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Quand Washington et Paris feignent de ne pas être d'accord sur la nature de l'accord de Paris.

Quelques journalistes avaient noté un changement de sémantique dans le discours de la diplomatie française. C’était avant-coureur. Vendredi 6 novembre, Laurent Fabius n’annonçait plus vouloir se battre pour un accord «universel et juridiquement contraignant». Interrogé par Le JDLE, le ministre des affaires étrangères déclarait vouloir décrocher un «ambitieux compromis» à l’issue du sommet climatique de Paris.

A l’évidence, le Quai d’Orsay avait senti la tornade d’outre-Atlantique. Mercredi 11 novembre, dans un entretien accordé au Financial Times, le secrétaire d'Etat américain a douché les espoirs des partisans d’un accord global succédant au protocole de Kyoto. Battant en brèche le dogme des pays de l’Union européenne, John Kerry a indiqué que l’accord de Paris ne serait «certainement pas un traité».

pas d'obligation contraignante à réduire les émissions

Selon le successeur de Hillary Clinton, le texte qui pourrait sortir de la COP 21 comprendra des mesures qui inciteront à réaliser d’importants investissements dans l’économie bas carbone, mais qu’en aucun cas il n’affichera «d’objectifs de réduction d’émission contraignant comme [le protocole de] Kyoto».

En soi, cette déclaration n’a rien de surprenant. Les Républicains, qui contrôlent le Congrès américain et sont en campagne électorale, ont toujours affirmé (depuis 1997) qu’ils ne ratifieraient jamais semblable accord. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’engagement américain de réduction d’émission de gaz à effet de serre ne nécessite aucune nouvelle loi, qui n’aurait aucune chance d’être votée par le Congrès.

Psychodrame

Pour autant, le gouvernement français s’est montré faussement courroucé par les propos du secrétaire d’Etat américain. François Hollande estimant, depuis le sommet Europe-Afrique à Malte, que l’accord serait contraignant ou ne serait pas. Le propos fleure bon la posture. En début de semaine, un haut responsable américain a précisé devant quelques journalistes français la position de l’administration Obama. Washington, a-t-il indiqué, est opposé à tout objectif contraignant de réduction d’émission. Pas d’objection, en revanche, à une contrainte juridique sur certains éléments, tel le suivi des contributions nationales volontaires (INDC), a-t-il poursuivi.

Au moment où le quotidien britannique publiait l’interview, John Kerry discourait devant les marins de la base navale américaine de Norfolk. Rappelant que les conséquences des changements climatiques étaient une menace pour les Etats-Unis, le chef de la diplomatie de Barack Obama a indiqué qu’il ferait tout, à Paris, pour conclure un accord «ambitieux, durable et large». L’accord de Paris, a-t-il précisé, ne sera pas miraculeux, «mais la vérité est que sans lui nous n’éliminerons pas la menace [climatique]».



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