COP 21: Hollande et Valls sonnent la mobilisation générale

Le 10 septembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le tapis vert avait été dérolé pour les 400 invités de François Hollande.
Le tapis vert avait été dérolé pour les 400 invités de François Hollande.
présidence de la république

Fin des aides à l’export au charbon français, financement des 100 milliards et taxe sur les transactions financières ont été les principales annonces climatiques du Premier ministre et du chef de l’Etat.

Le tapis vert avait été déroulé pour les 400 invités qui se pressaient, ce jeudi 10 septembre, à l’Elysée. Ce matin, la présidence de la République organisait un grand raout climatique pour mobiliser la société civile, trois mois avant l’ouverture du sommet de Paris, la COP 21.

C’est le Premier ministre qui a ouvert la danse. Avec pour mission de séduire écologistes et associatifs. Manuel Valls n’a pas fait dans la dentelle: «Nous supprimons immédiatement les crédits export pour tous les nouveaux projets de centrale à charbon qui ne sont pas dotés d'un dispositif de capture et stockage de CO2», a annoncé sèchement le locataire de l’hôtel Matignon.

Douche froide

Saluée par les écologistes, cette mesure a fait l’effet d’une douche froide chez les industriels. «Alstom exporte, certes, des centrales au charbon mais de technologie ultrasupercritique (USC). En lui supprimant les garanties Coface, on lui coupe l’accès à des marchés où le charbon restera longtemps le combustible de référence. A puissance égale, l’USC émet 20% de CO2 de moins qu’une centrale à charbon classique », rappelle un expert.

Or l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que 1.000 gigawatts de centrales au charbon pourraient être mis à feu d’ici 2035. Alstom, désormais filiale du groupe General Electric, sera-t-il le seul industriel occidental à ne pas pouvoir exporter des centrales au charbon USC[1]? Pas certain. Car l’Allemagne, via la KfW, continue d’aider les industriels à exporter des technologies charbon.

Du charbon, il n’en a pas été question dans le discours de François Hollande. Clôturant la matinée climatique élyséenne, le président de la République a mis l’accent sur la négociation internationale.

La possibilité d’un échec

Reconnaissant la possibilité d’un échec de la COP 21, le chef de l’exécutif a sorti quelques atouts de sa manche. Les pays les plus riches, a-t-il indiqué, feront, lors du sommet de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international qui se tiendra prochainement à Lima (Pérou), de nouvelles propositions pour financer les 100 milliards de dollars qu’ils devront, dès 2020, verser chaque année aux pays les plus pauvres.

Auparavant, le secrétaire général de l’ONU aura réuni une pléiade de chefs d’Etat et de gouvernements en marge de l’assemblée générale de l’ONU pour faire sauter les derniers verrous de la négociation: «C’est avant Paris que nous devons avoir l’accord», a indiqué François Hollande. Son aspect financier ne sera pas le moins important.

Outre le mode de financement des fameux 100 milliards, qui pourrait être annoncé à Lima, les pays les plus industrialisés devraient faire d’autres annonces. A commencer par la mise en œuvre, dès 2016, de la taxe européenne sur les transactions financières, dont François Hollande espère qu’une partie du produit sera dédiée à la lutte contre le changement climatique.

 



[1] La Chine a acquis la technologie mais uniquement pour son marché intérieur.

 



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