COP 21 : ça commence à chauffer

Le 31 août 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Christiana Figueres a fait les comptes, il manque 1 M€ pour boucler le budget de la COP.
Christiana Figueres a fait les comptes, il manque 1 M€ pour boucler le budget de la COP.
VLDT

C’est aujourd’hui que débute, à Bonn, un nouveau round de négociations climatiques. Une session cruciale. A l’issue de cette semaine allemande, les 195 représentants des Etats qui ont ratifié la convention de l’ONU sur le changement climatique doivent accoucher d’un texte court présentable au prochain sommet de Paris (COP 21). Un objectif dont l’atteinte reste des plus incertaines.

 

Experts et diplomates ne partent pas de rien. Fin juillet, Daniel Reifsnyder et Ahmed Djoghlaf, co-présidents du groupe de travail spécial de la plate-forme de Durban pour l’action renforcée (AWG-EA) ont publié un «Outil»: un document rationnalisant les amendements des uns et des autres au texte de négociation, officiellement sorti du round de négociations de Genève, en février dernier.

Le temps long

Deux mois et demi avant l’ouverture de la COP 21, certains experts commencent à trouver le temps un peu long. Un quart des pays seulement ont officiellement publié leurs engagements climatiques (INDC) sur le site dédié de l’ONU. Les promesses déjà faites (par 56 Etat représentant plus de 60% des émissions mondiales) ne sont pas satisfaisantes. Selon les calculs des climatologues, elles mettent la planète sur la voie d’un réchauffement estimé entre 3,5°C et 4°C d’ici la fin du siècle. Très loin de l’objectif que s’est assigné la communauté internationale: 2°C.

Les critiques fusent

Fort logiquement, les critiques fusent. Et pas toujours d’où l’on s’y attendrait. Dans un entretien accordé à RTCC, Yvo de Boer ne fait pas sienne l’idée de François Hollande d’inviter présidents et ministres durant la première semaine de la COP 21. «Les politiques se déplacent pour célébrer un succès, souligne l’ancien secrétaire exécutif du secrétariat de la convention sur le climat. Venir à Paris pour juste s’afficher durant les deux premiers jours de négociations n’est pas un motif suffisant.»

Miguel Arias Cañete s’agace

Plus pugnace, Miguel Arias Cañete s’est agacé, il y a quelques jours, des tractations à rallonge qui n’aboutissent jamais. «Les discussions techniques sont sérieusement ralenties par les postures politiques», s’est emporté le commissaire européen à l’action climatique. Le draft d’accord proposé par l’Outil s’étend sur 19 pages, et 88 si l’on prend en compte toutes les options pour lesquelles se battent les négociateurs. Or, de l’avis d’experts suivant les négociations depuis de nombreuses années, l’accord de Paris ne devra pas compter plus d’une dizaine de pages, tout compris, pour avoir une chance d’être conclu en décembre prochain.

L’ONU fait la manche

A moins, bien sûr, que le sommet climatique de Paris n’ait tout simplement pas lieu. Lors de la séance d’ouverture de la conférence de Bonn, la secrétaire exécutive de la convention Climat, Christiana Figueres, a indiqué que le budget des prochaines réunions n’était pas bouclé. «J'ai le regret de vous informer que nous avons actuellement un déficit de 1,2 million d'euros pour organiser la session d’octobre [qui se tiendra encore à Bonn] et la COP», a froidement indiqué la diplomate costaricaine. Et d’appeler «les pays en mesure de le faire à apporter une contribution».



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