COP 21: 30 pays seulement ont dévoilé leurs engagements

Le 27 mars 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Où l'on redécouvre l'intérêt des forêts.
Où l'on redécouvre l'intérêt des forêts.
VLDT

Quatre jours avant l’échéance, seules la Suisse, la Norvège et l’Union européenne ont publié leur stratégie carbone. Problème: ces engagements nationaux sont nécessaires à l’élaboration de l’hypothétique accord «universel» de Paris.

Tout vient à point pour qui sait attendre. Et en matière de lutte contre les changements climatiques, il faut être bardé d’une inépuisable patience. Quatre jours avant l’échéance, seules la Suisse, l’Union européenne et la Norvège (ce jour) ont publié leur engagement national de réduction d’émission des 6 gaz (ou familles) à effet de serre visés par le protocole de Kyoto[1], ainsi que le trifluorure d'azote (NF3).

C’est en partie sur cette base que sera élaboré le projet d’accord, qui pourrait être conclu à l’issue du sommet climatique de Paris (COP 21), au mois de décembre.

La Suisse en pole position

Selon le site spécialisé de l’ONU, c’est finalement la Suisse qui, la première, a mis en ligne sa «contribution déterminée nationalement» (INDC), le 27 février dernier. La Confédération entend réduire de moitié ses rejets de GES entre 1990 et 2030. Pour autant, l’effort à produire réellement ne sera pas aussi important.

En effet, une bonne partie des réductions d’émission suisses seront issues de l’achat de crédit carbone internationaux: «Au moins 30% de ces réductions devront être effectuées en Suisse», rappelait le communiqué du département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication. Dans ses statistiques, Berne intègre en outre la foresterie (un puits de carbone) aux émissions nationales. Une façon discrète de réduire le tonnage de GES à réduire.

Ambitieuse UE

Déposée une dizaine de jours plus tard, la contribution de l’Union européenne est plus ambitieuse. Les 28 s’engagent en effet à abattre de 40%, «au moins», leurs rejets de GES entre 1990 et 2030. Importance de taille: l’Europe n’achètera pas de crédits internationaux pour remplir ses engagements. Mais Bruxelles utilise le même artifice que Berne pour amoindrir son effort en intégrant le puits forestier dans son bilan carbone.

La Norvège fera crédit

Dernier en date: la Norvège. Comme son voisin austral, le royaume scandinave s’oblige à réduire d’au moins 40% ses émissions des 7 GES. De la même façon que l’UE et la Suisse, elle intègre forêt et sol dans ses statistiques. Petite nuance: Oslo jure ses grands dieux que cela n’amoindrira pas l’effort à fournir. Cependant la Norvège, contrairement à l’UE, ne s’interdit pas de recourir aux crédits internationaux (MDP et MOC sont cités) pour atteindre son but.

12% des GES anthropiques

A eux 30, Suisse, Union européenne et Norvège sont à l’origine de moins de 12% des GES anthropiques émis chaque année.

Le gouvernement américain a indiqué qu’il respecterait l’échéance du 31 mars. En toute logique, sa contribution devrait reprendre les promesses faites à la Chine par Barack Obama, en novembre 2014: de -26 à -28% d’émission de GES entre 2005 et 2025.

Pour le reste, il est à craindre qu’il faille encore une fois s’armer de patience. La Chine, justement, mais aussi l’Inde ne devraient pas rendre publique leur INDC avant le second semestre. Le Brésil prévoit de présenter son programme climatique au mois d’octobre. Pas de nouvelle, en revanche, des stratégies carbone de l’Australie, du Canada, du Japon, de la Russie.

 



[1] Dioxyde de carbone, méthane, oxyde nitreux, hydrofluorocarbones, hydrocarbures perfluorés, hexafluorure de soufre.

 



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