Controverse sur la pollution des lessives

Le 27 octobre 2006 par Agnès Ginestet
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60 Millions de Consommateurs
60 Millions de Consommateurs

35 produits étudiés par 60 millions de consommateurs seraient toxiques pour l’environnement. L’Association française des industries de la détergence (Afise) souligne toutefois sa volonté de limiter les impacts des lessives fabriquées.

La nouvelle a surpris le monde des détergents. 60 Millions de consommateurs publie dans son numéro de novembre les résultats de tests co-financés par les six agences de l'eau françaises. Sur 35 lessives testées, seules les noix de lavage ont un potentiel d'écotoxicité très faible. Parmi les produits mis en cause, figurent les marques classiques comme Ariel, Skip et Le chat, mais également Ecover, L'arbre vert et Maison verte qui sont pourtant considérées comme des lessives «écologiques». «Ce type de test tend à montrer qu'il n'y a pas de différence fondamentale entre les produits dits «verts» et les autres produits du marché», indique Alain de Cordemoy, président de l'Afise.

L'Institut national de la consommation (INC) a mené différents tests pour évaluer l'impact environnemental des produits: trois tests d'écotoxicité, un de biodégradabilité et un de perturbation hormonale sur cultures cellulaires humaines. «Il était impensable de faire des tests sur les composants de base des lessives, comme cela est imposé avant la mise sur le marché. On a donc évalué l'impact de l'ensemble d'un produit, ce qui est plus proche de ce qui se passe en réalité», explique Robert Victoria, ingénieur à l'INC.

De leur côté, les industriels se montrent prudents et attendent de connaître les détails des tests. «Nous sommes surpris par les résultats. Mais la méthode utilisée par l'INC n'utilise pas les tests de toxicité utilisés habituellement», explique Alain de Cordemoy.

Deux points positifs ont été notés dans cette étude. L'absence d'effet oestrogénique in vitro pour les 35 lessives et l'absence de phosphates –sauf dans un produit. «On a devancé la réglementation française en fabriquant des lessives sans phosphates», souligne Alain de Cordemoy. Le ministère chargé de l'environnement a en effet annoncé que la France prévoit d'interdire par décret les phosphates dans les détergents textiles domestiques à compter du 1er juillet 2007.

En revanche, les potentiels d'écotoxicité vont de moyen à très élevé. Lors de son passage par une station d'épuration, l'eau est diluée 50 fois. «En calculant une dilution théorique, nous avons constaté que l'effluent contenant la lessive la plus toxique devrait être dilué 1800 fois pour qu'il n'y ait pas d'impact écotoxicologique», indique Robert Victoria. Les lessives affichent des niveaux de biodégradabilité allant de moyen à difficile, Ecover atteignant toutefois un niveau «bon».

«Dans notre profession, nous nous attachons à diminuer l'impact sur l'environnement en appliquant des règles de développement durable. Il convient ainsi de faire un bilan de l'ensemble du cycle de vie du produit, depuis la conception jusqu'à l'élimination», souligne Alain de Cordemoy. Les fabricants de lessives se préparent notamment à la réglementation Reach sur l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation des substances chimiques, à travers le programme Hera (1) qui consiste à faire une analyse risque sanitaire et environnemental des composants de lessives.



(1) Human and environmental risk assessment on ingredients of households cleaning products




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