Contre le diabète, gare à l’alimentation trop acide

Le 20 novembre 2013 par Romain Loury
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La présence de légumes dans l'alimentation réduit son acidité
La présence de légumes dans l'alimentation réduit son acidité

Les régimes alimentaires trop chargés en acidité favoriseraient le diabète de type 2, dit «diabète non insulinodépendant», révèle une étude française publiée dans la revue Diabetologia.

Selon des travaux précédents, l’équilibre acido-basique de l’alimentation pourrait jouer un rôle dans la survenue de maladies cardiaques ou métaboliques. En particulier, un régime trop acide favoriserait une résistance à l’insuline, premier pas vers le diabète.

C’est ce lien entre alimentation acide et diabète que l’équipe de recherche «Nutrition, hormones et santé des femmes» (Institut Gustave-Roussy, Villejuif), dirigée par Françoise Clavel-Chapelon, vient de mettre en évidence. Menée sur 66.485 participantes à la cohorte E3N-EPIC [1], l’étude montre qu’un régime trop acide est lié à une hausse de 71% du risque de diabète de type 2.

Déterminée grâce aux questionnaires soumis aux participantes, l’acidité du régime alimentaire a été mesurée par deux indices différents, l’un dénommé PRAL («charge acide rénale potentielle»), l’autre NEAP («production acide endogène nette»). Le premier tient compte de la consommation quotidienne de protéines, de phosphore, de potassium, de magnésium et de calcium, la seconde uniquement de la consommation de protéines et de potassium.

 

Un lien indépendant de la nature des aliments

De manière évidente, un régime jugé acide contenait plus d’aliments acidogènes, notamment la viande (riches en protéines et en lipides), tandis que les régimes protecteurs contenaient plus de fruits et de légumes. Toutefois, le lien entre acidité et diabète subsistait même après prise en compte des aliments contenus par le régime.

«Les acides alimentaires pourraient jouer un rôle spécifique dans la promotion du diabète de type 2, indépendamment des aliments et des boissons à la source des composants acides ou alcalins», expliquent les chercheurs.

Autre phénomène, le lien entre acidité et diabète semble plus marqué chez les personnes de poids normal -celles dont l’indice de masse corporelle (IMC) est inférieur à 25 kg/m2-, suggérant qu’il ne dépend pas de l’adiposité des personnes.

«Du point de vue de la santé publique, les recommandations nutritionnelles ne devraient pas seulement incriminer des aliments spécifiques, mais pourraient aussi s’attacher à la qualité globale de l’alimentation, en particulier à la nécessité de maintenir un bon équilibre entre éléments acides et alcalins», concluent les auteurs.

[1] L’étude E3N (Etude épidémiologique auprès des femmes de la mutuelle générale de l’Education nationale, MGEN) est le volet français de l’étude européenne EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition).



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