Contre l’environnement, le crime paye

Le 25 juin 2014 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Ivoire: 188 millions de dollars par an
Ivoire: 188 millions de dollars par an
DR

Du braconnage à l’abattage illégal d’arbres en passant par le trafic d’espèces protégées, les crimes environnementaux constituent de nombreux marchés juteux, alimentant mafias et groupes terroristes. Selon un rapport d’Interpol et du PNUE, le chiffre d’affaires annuel irait jusqu’à 213 milliards de dollars (156 milliards d’euros).

«De nombreux réseaux criminels tirent des profits phénoménaux des crimes environnementaux», estime le directeur général du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), Achim Steiner, cité par l’agence Reuters. Présenté en marge de la première Assemblée de Nations unies pour l’environnement (ANUE), qui a lieu depuis lundi 23 juin à Nairobi (Kenya), un rapport d’Interpol et du PNUE, intitulé «Environmental Crime Crisis», permet de mieux cerner l’étendue du problème.

En tenant compte de l’ensemble des activités illégales et nocives à l’environnement (abattage des arbres, braconnage, trafic d’espèces protégées, pêcheries, activités minières, décharges), les experts estiment que le marché annuel est compris entre 70 et 213 milliards de dollars. Soit du même ordre, voire plus, que les 135 milliards de dollars consacrés chaque année à l’aide au développement.

10% à 30% du commerce de bois

A lui seul, l’abattage illégal d’arbres équivaut à un marché compris entre 30 et 100 milliards de dollars par an, soit 10 à 30% du commerce mondial de bois, estiment Interpol et le PNUE. Autre menace pour les arbres, le trafic de charbon de bois en Afrique équivaut à 1,9 milliard de dollars, en grande partie captés par les insurgés shebab de Somalie, qui le taxent dans les ports et sur les routes.

Quant au trafic d’espèces menacées, hormis celui de bois et les pêcheries, les experts l’estiment de 7 à 23 milliards de dollars par an. Parmi les animaux les plus emblématiques, l’éléphant et son ivoire rapportent chaque année de 165 à 188 millions de dollars à ses vendeurs asiatiques, le rhinocéros et sa corne de 63 à 192 millions de dollars.

Au-delà des craintes pour la survie des espèces, le PNUE constate quelques progrès. Par exemple dans la partie brésilienne de l’Amazonie, où la déforestation a connu un minimum en 2012: grâce à une plus grande vigilance policière et à la surveillance satellitaire, son rythme a diminué de 78% depuis 1988.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus