Contaminants alimentaires: pas de grandes différences inter-régionales

Le 22 janvier 2014 par Romain Loury
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Les niveaux diffèrent peu selon les régions
Les niveaux diffèrent peu selon les régions

Il ne semble pas exister de différences majeures quant à l’exposition alimentaire aux substances chimiques entre les diverses régions françaises, selon une nouvelle analyse de l’étude EAT2 publiée vendredi par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses).

Publiée en juin 2011 par l’Anses, l’Etude de l’alimentation totale (EAT2) constitue la référence actuelle en termes d’exposition des Français aux contaminants alimentaires. Y figurent 445 substances (résidus de pesticides, contaminants inorganiques, mycotoxines, etc.) analysées dans près de 20.000 produits alimentaires, puis croisées avec les résultats de l’étude Inca2, qui décrit les habitudes de consommation des Français [1].

Après ce panorama global, l’Anses s’est attelée à une analyse détaillée au niveau de 9 inter-régions françaises (Ouest, Nord-ouest, Ile-de-France, Est, Centre-est, Sud-est, Sud-ouest, Centre), les comparant entre elles et aux chiffres nationaux. Ce travail n’a porté que sur les substances pour lesquelles l’étude EAT2 montrait «un risque ne pouvant être exclu pour certains groupes particuliers de consommateurs».

Publiés vendredi 17 janvier, ces résultats ne révèlent pas de différences majeures d’un coin à l’autre de la France. Parmi les quelques nuances relevées, l’exposition quotidienne au plomb s’avère plus élevée dans l’inter-région Centre, de 0,29 microgramme par kilo de poids corporel (µg/kg), contre 0,20 µg/kg au niveau national. Même constat pour l’arsenic inorganique.

Bien qu’il soit difficile d’expliquer ces différences, en raison du faible nombre d’échantillons analysés, l’Anses suggère qu’elles pourraient être liées à des teneurs de l’eau (robinet, source) et du lait supérieures dans la zone Centre.

 

L’acrylamide, un problème d’habitudes alimentaires

Pour d’autres substances, ce n’est pas la teneur des produits régionaux qui est en cause, mais plutôt des habitudes de consommation divergeant d’une inter-région à l’autre. Exemple: l’acrylamide, dont les niveaux ingérés sont deux fois moindres dans la zone Ile-de-France (0,28 µg/kg/jour) que dans le Nord-ouest (0,53 µg/kg/jour). Selon l’Anses, cet écart serait lié au faible appétit des Franciliens pour les pommes de terre sautées et frites, ainsi qu’à une grande consommation de café dans le Nord-ouest.

L’agence peine en revanche à s’expliquer la moindre exposition quotidienne, dans l’inter-région Est, aux dioxines, furanes et PCB de type dioxines. Elle y est de 0,39 picogramme d’équivalent toxique (TEQ) par kilo de poids corporel (pg TEQ/kg), contre 0,47 pg TEQ/kg/jour au niveau national. L’agence n’a en revanche pas trouvé de disparités significatives pour le cadmium, l’aluminium, le méthylmercure, le sodium, le deoxynivalénol (une mycotoxine) et les sulfites.

«Sur la base [de ces] analyses et en dépit des quelques différences observées, compte tenu du faible nombre de données de contamination disponibles par inter-région, il ne peut valablement être fait de recommandation particulière concernant, par exemple, la nécessité d’une surveillance accrue de tel ou tel aliment particulier, à l’échelle d’une inter-région», commente l’Anses.

«Pour ce faire, il conviendrait de développer d’autres types d’étude, de manière à tenir compte plus finement des disparités inter-régionales en ce qui concerne les comportements alimentaires et/ou la variabilité connue de certains contaminants tels que le plomb dans les aliments produits localement», conclut-elle.

[1] Après cette enquête Inca2, menée en 2007-09, l’Anses a annoncé mercredi le lancement début février d’Inca3, afin d’«actualiser les connaissances des habitudes nutritionnelles en France». L’agence prévoit l’inclusion de 4.000 participants de la naissance à 79 ans, recrutés dans 472 communes.

 



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