«Constituant» du miel, le pollen échappe à l’étiquetage GM

Le 15 janvier 2014 par Romain Loury
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Comment savoir si le pollen contient des OGM?
Comment savoir si le pollen contient des OGM?

Qu’il soit GM ou non, le pollen est un «constituant» du miel, et non un «ingrédient», a tranché, mercredi 14 janvier, le Parlement européen en séance plénière, suivant en cela le souhait de la Commission.

Le débat qui a débuté mardi 14 janvier, en séance plénière, était bien plus que sémantique: sous le terme d’«ingrédient», il suffirait qu’au moins 0,9% du pollen total d’un miel soit d’origine OGM pour que le produit soit étiqueté «contient des OGM». Sous celui de «constituant naturel», il faudrait que le miel contienne au moins 0,9% de son poids en pollen OGM. Ce qui a peu de chances de se produire, le miel ne contenant qu’environ 0,5% de pollen.

La question s’est pour la première fois posée en 2005, lorsqu’un apiculteur bavarois a découvert dans son miel du pollen issu de maïs MON810, planté dans des champs voisins. La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a tranché en septembre 2011 en faveur d’un maximum de traçabilité: selon elle, le pollen est bien un ingrédient du miel.

Or la Commission ne l’a pas vu du même œil: dans une proposition de septembre 2012 visant à modifier la directive n°2001/110/CE sur le miel, elle affirmait sa préférence pour le terme de «constituant naturel» (voir le JDSA).

Soutenue par la droite libérale, cette proposition a été adoptée, mercredi après-midi, à 430 voix pour, 224 contre et 19 abstentions, selon un communiqué du Parlement européen. Et ce contre l’avis de la commission Envi (environnement, santé publique et sécurité alimentaire), sur la même ligne que la CJUE, celle de l’ingrédient.

 

En Europe, 40% du miel est importé

Selon l’Agence France Presse (AFP), les producteurs de miel d’Amérique latine ont fait savoir, lundi 13 janvier, dans un courrier destiné aux eurodéputés, leur opposition à un étiquetage OGM. Environ 40% du miel vendu en Europe serait importé, dont la moitié d’Amérique latine, en premier lieu d’Argentine ou du Mexique –deux grands producteurs d’OGM.

Le sujet semble aussi diviser les apiculteurs: l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) était favorable au terme «ingrédient», au motif qu’il aurait enfin posé la question de la coexistence des abeilles avec les OGM. A l’inverse, l’Institut technique et scientifique de l'apiculture et de la pollinisation (Itsap-Institut de l'abeille) y était défavorable, craignant de voir ternir l’image du miel.

Prochaine étape, le dossier sera soumis au Conseil européen, actuellement sous présidence grecque.



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