Conseils nutritionnels: bons pour la santé, mauvais pour l’environnement

Le 08 septembre 2014 par Romain Loury
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La viande rouge, le plus grand producteur de GES
La viande rouge, le plus grand producteur de GES

Suivre les recommandations nutritionnelles, c’est certes bon pour la santé. Mais l’est-ce autant pour l’environnement ? Rien de moins certain, selon une étude américaine publiée dans le Journal of Industrial Ecology. Au contraire, cela pourrait même accroître les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Aux Etats-Unis comme en France, les gens mangent trop de viande, de produits gras et de sucres ajoutés, pas assez de fruits et légumes, de laitages et de poisson. De plus en plus répandu à travers le monde, ce régime occidental est une cause majeure de maladies chroniques (obésité, diabète, cancer, maladie cardiovasculaire, etc.), qui après les pays du Nord touchent désormais ceux du Sud.

Si respecter les recommandations nutritionnelles est bon pour la santé publique, l’impact environnemental commence tout juste à être connu. Et il n’est pas si bon qu’on pourrait le croire, comme l’avait déjà suggéré une étude française publiée en février 2013 (voir le JDSA). Selon ces travaux, les gens qui mangent le moins équilibré seraient même ceux dont l’alimentation émettrait le moins de gaz à effet de serre.

A teneur énergétique équivalente, la production de fruits et légumes dégage en effet plus de GES que les produits sucrés et les snacks salés, de plus grande densité calorique. Auteurs d’une modélisation menée sur la population américaine, Martin Heller et Gregory Keoleian, chercheurs à l’université du Michigan d’Ann Arbor, vont plus loin, en montrant que respecter les conseils nutritionnels est coûteux d’un point de vue environnemental.

Comparant le régime moyen de la population aux recommandations émises en 2010 par le département américain à l’agriculture (USDA) et celui en charge de la santé et des services sociaux (DHHS), les chercheurs montrent qu’en respectant ces conseils, tout en restant à la consommation énergétique actuelle (2.543 kilocalories par jour en moyenne), les émissions de GES liées à l’alimentation s’élèveraient de 12%.

Une seule voie: limiter la viande

Pour mieux manger, pour l’environnement et pour sa santé, il faudrait donc manger moins. Mais même en abaissant la consommation moyenne à 2.000 kilocalories/jour, comme le prônent les nutritionnistes, les GES liés à l’alimentation ne diminueraient que de 1%.

Selon les chercheurs, cette absence d’effet, alors que l’on diminue ses apports alimentaires tout en les améliorant, s’explique «par un entrejeu entre une moindre consommation de viande, de volaille, d’œufs, et un besoin accru en laitages». «Les graisses et les sucres ajoutés représentent une part importante de la baisse calorique, mais, par calorie, ils émettent peu de GES», ajoutent-ils.

Pour les chercheurs, les recommandations nutritionnelles ne sont donc pas aussi vertueuses d’un point de vue environnemental qu’elles le sont pour la santé. Une seule manière de réconcilier les deux aspects: réduire fortement sa consommation de viande.

En optant pour un régime végétarien, avec laitages et œufs, les émissions de GES sont de 2,4 kg équivalent CO2 par jour et par personne, contre 3,6 kg pour le régime prôné par les autorités sanitaires. Sous régime végétalien, elles diminuent de plus de moitié, à 1,7 kg eq CO2 par jour et par personne.

Pour les chercheurs, il ne s’agit pas d’inciter tous les Américains à devenir végétaliens, mais de faire comprendre aux autorités la nécessité de recommandations tenant compte aussi bien des impacts sanitaires qu’environnementaux. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 13,7% des émissions mondiales de GES sont liées à notre alimentation.



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