Conseil national de la mer: objectif «compétitivité»

Le 18 janvier 2013 par Stéphanie Senet
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L'éolien offshore au programme des Assises de la mer
L'éolien offshore au programme des Assises de la mer

En raison de la crise malienne, ce n’est finalement pas le Premier ministre mais le ministre délégué à la mer, Frédéric Cuvillier, qui a installé ce 18 janvier le Conseil national de la mer et des littoraux (CNML) à Paris.

Le lancement de cette instance consultative, en charge de la protection, de l’aménagement et de la mise en valeur de l’espace maritime, n’est pas nouveau. Il était inscrit dans la feuille de route pour la transition écologique.

Sa création remonte plus loin encore, avec le Grenelle de la mer. Les attributions et le fonctionnement de cet organisme, composé de 70 membres, ont d’ailleurs été scellés dans un décret du 9 juin 2011 (voir JDLE).

«Ce sera le rôle du Conseil national de la mer et des littoraux d’être un Conseil économique, social et environnemental de la mer», a résumé Frédéric Cuvillier lors d’une conférence de presse organisée au Palais d’Iéna.

Présidé par le Premier ministre, le CNML est composé pour moitié de représentants parlementaires et des collectivités locales des façades maritimes et pour moitié de membres d’établissements publics (Ifremer[1], Agence des aires marines protégées, etc.), d’entreprises (Syndicat des énergies renouvelables, Fédération des industries nautiques, etc.), d’organisations syndicales, d’associations (FNE, Robin des bois, WWF, Surfrider, LPO, UICN, Unaf[2]) et de personnalités comme Michel Quimbert, président du Conseil supérieur de la marine marchande ou encore Hervé Moulinier, qui préside le pôle Mer Bretagne.

Changement de gouvernement oblige, la Stratégie nationale de la mer et des littoraux, dont le CNML était censé suivre l’application, pourrait connaître une nouvelle version. «La mer peut nous permettre de rétablir la croissance en conciliant l’exploitation de l’univers marin et la protection des ressources. Il faut donc élaborer une nouvelle stratégie maritime nationale», a affirmé le ministre de la mer, qui est aussi celui de la pêche.

Celle-ci se résume pour l’instant à deux mots: «croissance bleue». Frédéric Cuvillier a d’ailleurs rappelé que l’économie maritime générait plus de 52 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. Pour le détail, il faudra attendre la tenue de futures assises nationales de la mer, qui dresseront un bilan des stratégies menées sur les différentes façades maritimes et qui se dérouleront sur tous les littoraux jusqu'en juillet. Le ministre de la mer a toutefois glissé que le développement de l’enseignement maritime et la structuration de la filière industrielle française autour des énergies renouvelables seraient sans doute les chantiers prioritaires. «Dès le mois de février, un parlementaire sera désigné pour remettre un rapport, avec une équipe d’experts, visant à améliorer la compétitivité du pavillon français», a aussi précisé le ministre également délégué aux transports.

Dans un communiqué, l’association Robin des bois –membre du CNML- a rappelé que la mer côtière était en voie de colonisation et de privatisation: «L’appropriation est facile, il n’y a pas de populations indigènes, seulement des organismes aquatiques peu experts en matière de pétitions et de contentieux juridiques». Elle rappelle que les éoliennes offshore exposent la sécurité maritime, les oiseaux, les mammifères marins et les ressources halieutiques à des risques multiples, depuis leur construction jusqu’à leur exploitation.

France Nature Environnement, la Fondation Nicolas Hulot, la LPO, Surfrider, l’UICN et le WWF ont également insisté sur la nécessaire dimension environnementale à donner à la politique maritime française. «La réforme du Code minier doit intégrer les enjeux de l’exploitation minière en mer et de la protection des milieux. Et le volet marin de la fiscalité écologique doit être développé», mettent en garde, de concert, les associations.


[1] Ifremer: Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer

[2] FNE: France Nature Environnement; LPO: Ligue de protection des oiseaux; UICN: Union internationale pour la conservation de la nature; Unaf: Union nationale de l’apiculture française

 



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