Connie Hedegaard veut sauver le marché européen du carbone

Le 04 juin 2013 par Stéphanie Senet
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La commissaire à l'action climatique a enchaîné les rencontres à Paris, ce 4 juin
La commissaire à l'action climatique a enchaîné les rencontres à Paris, ce 4 juin

A Paris, ce 4 juin, la commissaire européenne à l’action climatique, Connie Hedegaard, a plaidé pour le maintien du système de quotas d’émission de gaz à effet de serre, de plus en plus critiqué, et tombé sous la barre des 3 euros la tonne.

C’est un véritable marathon auquel s'est livrée la commissaire européenne lors de sa journée parisienne. S’agirait-il de convaincre les Etats membres du bien-fondé du marché européen du carbone alors que les eurodéputés l’ont torpillé le 16 avril dernier afin de protéger leurs industries (voir JDLE)? Les eurodéputés ont effet refusé la proposition de la Commission de geler 900 millions de quotas, «ce qui aurait pourtant permis d’augmenter le prix de la tonne de CO2 de 5 à 8 euros selon 4 analystes indépendants», insiste ce 4 juin Connie Hedegaard.

C’est d’ailleurs devant les parlementaires français que la commissaire à l’action climatique a entamé son périple parisien de 12 heures. Auditionnée par les commissions du développement durable et des affaires européennes, dès 8h15, elle a introduit son discours par le chiffre qui plombe le climat: «L’an dernier, les 27 pays de l’Union européenne ont dépensé 1 milliard d’euros par jour pour régler la facture du pétrole». «Or il est tout à fait possible de réduire ce poste tout en créant des emplois locaux destinés à développer l’efficacité énergétique», a-t-elle poursuivi.

Questionnée sur le devenir du système de quotas européen des émissions de gaz à effet de serre (ETS), elle a déclaré qu’il fallait le garder, ne voyant pas par quoi il pourrait être remplacé, tout en insistant sur sa nécessaire amélioration. «Sinon, le système va être de nouveau nationalisé et on aura 27 façons différentes de faire, ce qui n’est dans l’intérêt de qui que ce soit.» Elle a poursuivi son argumentaire à l’heure du déjeuner, à l’invitation de l’Association des journalistes de l’environnement (AJE), où elle a expliqué attendre une évolution du Parlement européen, alors que le comité en charge de l’environnement doit fixer prochainement un nouveau débat en séance publique. «C’est au Parlement de trouver une nouvelle majorité pour relancer le dispositif», a-t-elle affirmé, rappelant qu’avec ces crédits, des recherches sont menées pour développer l’innovation énergétique.

Interrogée sur les nouveaux objectifs européens en faveur du climat, Connie Hedegaard a rappelé que la concertation sur l’horizon 2030 avait été lancée le 27 mars avec l’adoption d’un livre vert (voir JDLE). «Lors du dernier conseil Energie du 22 mai, les Etats membres nous ont demandé d’élaborer une feuille de route précise. Nous la publierons avant la fin de l’année», a-t-elle ajouté. L’idée est de fixer une réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport aux émissions de 1990, et de la considérer comme une étape intermédiaire vers une réduction de 80% en 2050. Reste que les précédents objectifs définis pour 2020 (le fameux paquet Climat-énergie) ne seront vraisemblablement pas atteints, en particulier pour la production d’énergies renouvelables (aujourd’hui 12,8% de l’énergie finale).

La seule bonne nouvelle provient du nouveau budget spécifique alloué à l’action climatique. «Nous sommes en train de mettre en place le système permettant de diriger au moins 20% du budget européen, de façon traçable et identifiable, vers l’action pour le climat», a affirmé la commissaire européenne.

Questionnée sur la position de Bruxelles face aux gaz de schiste, Connie Hedegaard a déclaré «qu’il appartient aux Etats membres de définir leur propre bouquet énergétique». «Mais nous allons proposer, cette année, un cadre général (dont le statut juridique n’est pas encore défini, ndlr) qui permettra aux Etats de ne pas commettre les erreurs commises ailleurs», a-t-elle expliqué. «Il existe un potentiel en Europe mais les experts nous apprennent qu’il ne faut pas comparer le coût de l’exploitation avec celui des Etats-Unis, en raison d’un contexte totalement différent, du point de vue de la géologie et des espaces disponibles. Enfin, certains investisseurs, qui ont réalisé des explorations, notamment en Pologne, en sont revenus et déclarent qu’ils ne sont plus intéressés.»

Quant à la prochaine conférence internationale sur le climat, qui se tiendra sur le sol européen en décembre 2015 (au Bourget), «nos trois défis principaux seront de ne souscrire aucun accord qui n’engage pas l’ensemble des grandes économies, de trouver les moyens de réduire l’écart entre notre situation actuelle et nos objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et de trouver des moyens de financement permettant d’accompagner les pays les moins développés», a-t-elle conclu. Reste à convaincre l’ensemble des Etats membres, qui seront 28 dès le mois prochain, avec l’arrivée de la Croatie dans l’Union européenne.  

 

 



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