Connie Hedegaard, raisonnablement optimiste pour Paris

Le 29 novembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Connie Hedegaard conseille aujourd'hui le gouvernement norvégien.
Connie Hedegaard conseille aujourd'hui le gouvernement norvégien.
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L’ancienne présidente de la COP de Copenhague estime que le sommet climatique de Paris a de bonnes chances d’aboutir à la conclusion d’un accord.

Elle a probablement été l’une des personnalités les plus détestées de la COP 15. Il y a 6 ans, Connie Hedegaard était ministre de l’énergie et du climat du Danemark. à ce titre, elle présidait la COP à l’issue de laquelle devait être conclu un accord international de régulation des émissions.

D’un échec, une carrière

Las, faute d’une préparation diplomatique suffisante (la diplomatie danoise reste modeste), d’un manque de volonté politique internationale et d’une stratégie de négociation cohérente, l’ancienne journaliste ne fut pas la femme climatique de l’année 2009. Ce qui ne l’a pas empêché d’y faire carrière.

En février 2010, elle est bombardée commissaire européenne à l’action climatique. C’est la première fois que la Commission européenne se dote d’un tel «ministère». En 4 ans, elle tente de réformer le marché communautaire de quotas d’émission, moribond. A 4 reprises, elle dirige l’équipe de négociateurs européens aux COP de Cancun, Durban, Doha et Varsovie.

Le moment de Durban

Au prix d’incessantes disputes avec Günther Oettinger, son collègue commissaire à l’énergie, elle cisèle les contours du paquet Energie Climat 2030, qu’elle finit par présenter début 2014. «C’est sans doute mon plus grand souvenir de commissaire, confie-t-elle au JDLE. Avant de se raviser. Durban a aussi été un moment très fort. C’est à l’issue de cette COP que nous avons décidé de signer un accord en 2015; que nous sommes aussi convenu que pour lutter efficacement contre le changement climatique nous devions tous nous y mettre.»

Non renouvelée par le nouveau président de la Commission, elle quitte ses fonctions en octobre 2014. Aujourd’hui conseillère à la transition énergétique du gouvernement norvégien, Connie Hedegaard jette un regard lucide sur son échec de Copenhague.

Chine et USA ne se neutralisent plus

«Si quelques semaines avant la conférence de Copenhague, on m’avait posé la question de sa réussite, la réponse était pour moi évidente: bien sûr que le sommet allait réussir! Ce que nous n’avions pas perçu, à l’époque, c’est que les Etats-Unis et la Chine venaient pour se neutraliser. Et empêcher ainsi le monde d’avancer. C’est la grande différence avec la situation actuelle. Il y a quelques mois, Pékin et Washington ont signé un accord sur le climat, ont pris des engagements.»

Optimiste, Connie Hedegaard l’est, raisonnablement. «En raison du rapprochement entre les deux premiers émetteurs, je pense que Paris débouchera sur un accord. Insuffisant au regard de l’urgence climatique. Mais un accord tout de même.» Les manques? «Il n’y aura pas de prix du carbone, ni d’obligations faites aux secteurs de l’aviation et du transport maritime, alors que ce sont des émetteurs majeurs.»

 



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