Connie Hedegaard dans le collimateur des compagnies aériennes

Le 27 septembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La commissaire européenne à l’action climatique a publié, lundi 26 septembre, les règles d'allocation de quotas d’émission aux compagnies aériennes. Sans surprise, Connie Hedegaard a indiqué que 85% des quotas destinés à l'aviation seraient alloués gratuitement aux exploitants d'aéronefs. Entre 2013 et 2021, les compagnies aériennes recevront, toujours gratuitement, 82% de leurs quotas.
 
«Pour chaque période, 15% des quotas restants seront mis aux enchères et, durant la période 2013-2020, 3% des quotas seront mis dans une réserve spéciale destinée aux nouveaux entrants et aux compagnies aériennes à forte croissance», a précisé l’exécutif communautaire, dans un communiqué.
 
L’ancienne ministre danoise du climat a, par ailleurs, indiqué qu’«aux prix courants du marché, ces quotas gratuits représentent plus de 20 milliards d’euros sur la prochaine décennie. Grâce à ces revenus potentiels, les compagnies aériennes pourraient investir dans la modernisation des flottes, l'amélioration de l'efficacité énergétique et l'utilisation de carburant aviation non fossile.»
 
Une précision qui a fait bondir les principales intéressées. Dans un autre communiqué, commun aux trois associations européennes de transport aérien, les représentants de 900 entreprises ont brutalement répondu à la représentante de la Commission.
 
«Considérer des quotas comme des revenus est complètement absurde», s'est insurgé Ulrich Schulte-Strathaus, secrétaire général de l'Association des compagnies européennes (AEA).
 
«La Commission européenne doit revenir sur terre. Affirmer que les compagnies vont tirer bénéfice d'une mesure qui va les priver de revenus est une méconnaissance grave de la réalité économique», a poursuivi Sylviane Lust, directrice générale de l'Association internationale des transporteurs aériens (IACA).
 
«La Commission a tout faux. Les compagnies vont devoir en fait acheter en moyenne 27% de ces permis et cela va réduire leurs investissements dans les nouvelles technologies et les biocarburants», a renchéri Mike Ambrose, secrétaire général de l'association des compagnies régionales (ERA).
 
Peu satisfaites de devoir participer au marché européen des quotas d’émission de gaz à effet de serre (ETS selon l’acronyme anglais), les compagnies présentent des chiffres qui les arrangent. Les trois lobbies ont basé leurs calculs sur un prix de la tonne de CO2 à 28 € en 2020, soit plus de deux fois le prix actuel. Ce faisant, elles estiment devoir débourser 17,5 milliards pour acquérir leurs quotas aux enchères au cours des 9 prochaines années. Or, rien ne dit (notamment du fait de la crise économique actuelle) que le cours du quota d’émission européen suivra l’inflation annoncée par l’AEA, l’IACA et l’ERA.
 
Au prix actuel du marché du CO2, ces 15% vont coûter 380 M€ aux compagnies en 2012, a estimé pour sa part la Commission.
Cela étant, les compagnies n’ont pas encore perdu espoir. Saisie par l'Association des transporteurs aériens des Etats-Unis, la Cour européenne de justice devrait indiquer, le 6 octobre, si l’intégration de l’aviation civile dans l’ETS est conforme au droit communautaire.


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