Conflits d’intérêt au sein de l’Efsa: nouvelles accusations

Le 07 mars 2011 par Célia Fontaine
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Quatre membres du conseil d'administration de l’Autorité européenne de la sécurité alimentaire (Efsa selon l’acronyme anglais) ont été dénoncés par l'Observatoire de l'Europe industrielle (CEO)[1] dans une lettre ouverte du 4 mars. En cause, leurs liens, inopportuns, avec l’industrie agroalimentaire.

Selon le courrier envoyé par le CEO à la directrice de l'Efsa, Catherine Geslain-Lanéelle, et au commissaire européen chargé de la santé et des consommateurs, John Dalli, «Matthias Horst serait également directeur général du lobby de l'industrie agroalimentaire allemand BVE; le Tchèque Jiri Ruprich, également membre de la Fondation Danone; le Belge Piet Vanthemsche, membre du Copa, le lobby européen des agriculteurs, et le Slovaque Milan Kovac, dirigeant de l'International Life Science Institute Europe, une organisation regroupant la plupart des groupes agrochimiques actifs dans les OGM», rapporte l’AFP.

Ces conflits d’intérêt risquent d’influencer le jugement des autres membres de l’Efsa, en particulier lors de l’établissement des programmes de travail et lors des nominations du comité scientifique de l’agence, estime le CEO.

Mais pour la Commission européenne, la présence de représentants de l'industrie au sein du conseil d'administration de l'Efsa est normale, puisque les membres doivent représenter toute la chaîne alimentaire, conformément aux statuts de l’autorité. D’autre part, le conseil d’administration n’adopte pas lui-même les avis scientifiques. Les membres du CA ne sont pas désignés par l’Efsa, mais par le Conseil sur proposition de la Commission européenne après avis du Parlement européen.

Ce n’est pas la première fois que des suspicions de conflit d’intérêt ternissent l’image de l’Efsa. Fin septembre 2010, José Bové, député européen Verts et vice-président de la commission Agriculture du Parlement européen, avait exigé la démission de Diana Barati, présidente du Conseil d'administration de l'Efsa (dans le JDLE). Selon lui, la scientifique aurait caché être également membre du conseil d'administration de l'International Life Science Istitute (Ilsi) Europe, un lobby industriel qui réunit la plupart des groupes agrochimiques actifs dans les OGM (Monsanto, BASF, Bayer, ou encore Syngenta). Diana Barati a finalement renoncé à ses activités au sein de l'Ilsi.

L’Efsa reste critiquée, car ses avis scientifiques autorisant OGM et pesticides en Europe sont rendus sur la base de recherches financées par le secteur privé.

 



[1] groupe de réflexion qui milite pour la transparence au sein des institutions européennes



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