Compte rendu du nanoforum Produits cosmétiques

Le 01 avril 2010
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Retrouvez la note de problématique, le compte rendu et les présentations du Nanoforum «Produits cosmétiques».

Le Nanoforum a pour objet de créer un espace ouvert permettant d’identifier et de discuter les questions de santé et de sécurité sanitaire que posent ces nouvelles technologies, de confronter les points de vue sur leur nature et la façon de les traiter.

Cette initiative résulte d’un partenariat entre l’équipe de la chaire Hygiène et Sécurité et de l’Institut d’Hygiène Industrielle et de l’Environnement-Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail (IHIE-SSET) du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), la Direction générale de la Santé, l’association Vivagora et le Journal de l’Environnement. 

La séance du 6 décembre 2007 était consacrée aux produits cosmétiques.



Depuis plusieurs années, l’industrie des produits cosmétiques utilise les nanotechnologies et incorpore des nanomatériaux dans ses produits. Du fait de leur très petite taille (milliardième de mètre), les nanomatériaux peuvent avoir des propriétés physiques et chimiques nouvelles. L’exemple le plus connu est celui des filtres solaires d’origine minérale. Autrefois, les écrans dits physiques étaient blancs sur la peau car ils utilisaient du dioxyde de titane (TiO2) à l’échelle micrométrique pour réfracter les rayons ultra-violets du soleil. Depuis la découverte des nanomatériaux, le TiO2 est parfois incorporé sous forme nanométrique ce qui permet de garder une transparence du produit tout en protégeant du soleil.



Le nombre de cancers cutanés est en augmentation depuis ces vingt dernières années. Si les photoprotecteurs sont efficaces dans la prévention de l’érythème, il n’existe pas actuellement de lien démontré entre l’utilisation de produits de protection solaire et la survenue de mélanomes.



Des éléments nanométriques (nanoparticules organiques, oxydes métalliques TiO2 ou ZnO2, fullerènes...) peuvent être également incorporés dans d’autres formulations cosmétiques : crèmes, poudres parfums, shampoings, vernis à ongles, rouges à lèvres, dentifrices, etc. 



Comme la mention de nanomatériaux sur l’étiquetage n’est pas obligatoire, il est très difficile de dresser une liste exhaustive des produits cosmétiques contenant des nanomatériaux présents sur le marché. Selon le Woodrow Wilson Institute qui recense les produits contenant des nanomatériaux, il y aurait une quarantaine de cosmétiques sur le marché contenant des nanoparticules. Selon certaines associations, ce serait plusieurs centaines.



Au-delà des produits cosmétiques, sur un plan global de l’utilisation des nanomatériaux, certaines études toxicologiques indiquent que les nanomatériaux peuvent pénétrer les barrières biologiques naturelles (alvéolo-capillaire, hémato-encapéhalique, hématoplacentaire, membrane cellulaire, membrane nucléaire...) et déclencher des réactions néfastes. Ces réactions seraient liées au fait que, plus la taille des particules diminue, plus leur surface augmente ce qui accroît la réactivité chimique. Celle-ci peut provoquer une inflammation et des dommages éventuels dans la cellule et son noyau (ADN). Notamment, certaines études récentes in vitro montrent que le TiO2 peut pénétrer le noyau de la cellule et par les réactions inflammatoires être à l’origine de lésions de l’ADN cellulaire. Le TiO2 a été classé en 2006 comme possiblement cancérogène pour l’homme par voie inhalée (classe 2B) par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC de l’OMS). Des effets néfastes des nanoparticules d’oxydes de zinc ont été mis en évidence au niveau pulmonaire.



L’exposition aux nanomatériaux des produits cosmétiques peut se faire principalement par contact direct et pénétration cutanée chez l’utilisateur. Lorsque la peau est saine, des études récentes montrent que le risque de pénétration est très limité mais certaines nanoparticules pourraient néanmoins pénétrer dans les follicules pileux. En revanche, les études sur peau lésée donnent des résultats discutables. Dans c cas, des particules fines et ultra-fines peuvent atteindre les tissus vivants et seraient susceptibles de diffuser dans tout l’organisme.



L’exposition peut se faire aussi via l’environnement général en raison du relargage potentiel de produits cosmétiques. On ne sait pratiquement rien sur la biodégradabilité des substances en question, ni sur les risques de bioaccumulation et de transfert dans les écosystèmes et les 3 chaînes alimentaires. L’exposition de l’homme pourrait alors se faire aussi par voie digestive.



Enfin l’exposition des travailleurs, en amont de l’utilisation, dépend des processus de fabrication, mais elle peut comporter une exposition par voie cutanée (les mouvements répétés peuvent léser la peau), pulmonaire (lors de manipulation de poudres) ou digestive (via le contact doigts / bouche).



Dans tous les cas, le nombre de personnes exposées peut donc être considérable même si les doses sont faibles.



A l’heure actuelle, il existe une réglementation communautaire (voir fiche spécifique sur la réglementation) concernant la mise sur le marché des produits cosmétiques qui ne doivent pas nuire à la santé humaine et comportant une évaluation de la sécurité des produits. La mise sur le marché est réalisée sous la responsabilité de l’industriel qui met sur le marché (directive 76/768/CEE modifiée). En France, les produits cosmétiques entrent dans le champ de compétences de l’AFSSAPS depuis mars 1999. Cette agence travaille en lien étroit avec les instances européennes.



De nombreuses associations se sont déjà mobilisées pour demander des précautions avec les nanocosmétiques. En mai 2006 six associations américaines ont demandé à l’Administration fédérale de faire retirer du marché tous les produits cosmétiques renfermant des nanoparticules synthétiques (de dioxyde de titane ou d’oxyde de zinc). Une « Task Force » sur les nanotechnologies s’est constituée en août 2006 outre-Atlantique pour aider à déterminer comment l’Administration pour les aliments et les médicaments (FDA) peut réguler les nanomatériaux. En Europe, le collectif ASECO (alliance des organisations écologistes et des consommateurs) demande un étiquetage pertinent et des règles d’évaluation fiables ainsi que des standards avant toute mise sur le marché.



Le but visé par le forum du 6 décembre 2007 est de fournir des éléments pour analyser les fondements de l’usage des nanomatériaux dans les produits cosmétiques et de comprendre comment les préoccupations de sécurité sanitaire sont prises en compte. Il ne s’agit pas de réaliser une expertise scientifique ou une analyse exhaustive sur les produits cosmétiques issus des nanoprocédés mais de chercher à mettre en lumière les grandes lignes d’un processus de développement industriel et ses enjeux de sécurité sanitaire.



Conformément aux objectifs du forum, le but n’est pas de prendre position sur ces produits mais de favoriser la mise à disposition des éléments de base du dossier pour l’ensemble des acteurs et de comprendre leurs prises de position.



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 Découvrez le compre rendu complet du nanoforum Produits Chimiques en cliquant ici



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