Compléments alimentaires: le campagnol ne fait pas de vieux os

Le 17 juillet 2013 par Romain Loury
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Pas de compléments alimentaires pour le campagnol.
Pas de compléments alimentaires pour le campagnol.
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Les compléments alimentaires à base de vitamine C et de vitamine E diminuent l’espérance de vie du campagnol, confortant un phénomène suggéré chez l’homme par quelques études épidémiologiques, selon une étude britannique publiée dans les Biology Letters.

Pris dans le but de préserver sa santé, les compléments de vitamines ou d’oligo-éléments pourraient bien avoir des effets contreproductifs. Fin octobre 2011, une grande étude américaine révélait ainsi une hausse du risque de mortalité chez les femmes âgées de 55 à 69 ans, grandes consommatrices de ces produits (voir le JDLE).

Reste à savoir s’il existe un lien de causalité entre compléments et espérance de vie, ce qu’une étude épidémiologique ne permet pas de trancher. Pour cela, l’équipe de John Speakman, de l’université d’Aberdeen (Ecosse) a recouru à des campagnols, espèce certes assez éloignée de la ménagère de plus de 50 ans, mais plus facile à manipuler en laboratoire et offrant des résultats moins équivoques.

Complémentés dès l’âge de deux mois avec de la vitamine C ou E, ces rongeurs champêtres vivaient bien moins longtemps que leurs congénères nourris de manière normale. Lorsqu'ils étaient élevés à température ambiante, la vitamine C diminuait leur espérance de vie de 18%, contre 17% pour la vitamine E. Les résultats étaient similaires à basse température, censée abaisser le métabolisme, et donc la production de radicaux libres liés au vieillissement: -26% avec la vitamine C, -11% avec la vitamine E.

Chez la souris, d’autres expériences menées par la même équipe avaient livré des résultats diamétralement opposés, à savoir une hausse de l’espérance de vie chez les animaux complémentés. «Ces résultats suggèrent qu’il existe de grandes différences d’espérance de vie selon que ces antioxydants à dose élevée sont administrées à une espèce ou à une autre», commente l’un des auteurs de l’étude, Colin Selman, cité par un communiqué de l’université d’Aberdeen.

Pour John Speakman, «il est peu probable que des essais contrôlés randomisés puissent être menés chez l’homme afin d’étudier l’effet des antioxydants sur l’espérance de vie, nous sommes donc tributaires des études menées chez les animaux. S’il est à ce stade impossible d’extrapoler à l’homme nos résultats obtenus chez la souris et le campagnol, ceux-ci montrent qu’il faut être prudent» avec ce type de compléments alimentaires.



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