Compléments alimentaires: des effets secondaires d’ordre hépatique

Le 08 octobre 2014 par Stéphanie Senet
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Parmi les nouveaux produits sur le marché, les compléments alimentaires font l'objet du plus grand nombre de signalements
Parmi les nouveaux produits sur le marché, les compléments alimentaires font l'objet du plus grand nombre de signalements

Les compléments alimentaires ne sont pas des produits anodins, comme le révèle le bilan du dispositif de Nutrivigilance, dressé ce 8 octobre par l’Anses.

Créé par la loi «Hôpital, patients, santé et territoires» (HPST) de juillet 2009 et lancé en 2010, ce dispositif vise à faire remonter à l’Agence nationale de sécurité sanitaire?de l’alimentation (Anses) les effets secondaires indésirables des compléments alimentaires, des nouveaux aliments[1](comme la baie de goji), des aliments enrichis (comme les boissons énergisantes) et des aliments spécifiques (pour les nourrissons ou les personnes âgées). Autant de produits qui connaissent un fort développement dans l’Hexagone, notamment par des ventes en ligne. En 2013, le marché des compléments alimentaires a représenté 1,35 milliard d’euros contre environ 1 Md€ en 2011. Selon l’étude Inca 2, un adulte sur cinq et un enfant sur dix consomment au moins occasionnellement des compléments alimentaires ou des vitamines et minéraux sous forme médicamenteuse.

 

Déjà 1.565 signalements

Plus de trois ans après sa mise en œuvre, Nutrivigilance a enregistré 1.565 signalements d’effets indésirables, provenant d’industriels, de centres régionaux de pharmacovigilance, de centres anti-poison et de toxicovigilance, d’hôpitaux, de pharmacies et de médecins de ville.

Les trois quarts des déclarations concernent des compléments alimentaires (en première ligne minceur, capillaire, hypocholestérolémiant, vitalité et digestion), avec des effets d’ordre hépatique (19,9%), gastro-entérologique (18,4%) et allergologique (16%), dont certains ne sont pas encore répertoriés dans la littérature scientifique.

Chaque signalement recevable fait l’objet d’une étude, d’une information au ministère de la santé, d’un contact auprès du fabricant et surtout d’une évaluation de l’imputabilité du produit. Celle-ci varie entre 0 (imputabilité exclue) et 4 (imputabilité très vraisemblable). Résultat: l’imputabilité est mitigée. Faible dans 53% des cas mais forte dans les 47% restants. Sollicités par l’agence pour faire remonter les effets constatés, les professionnels de santé sont aussi invités à détailler au mieux leurs déclarations. Un tiers seulement des signalements sont aujourd’hui exploitables.

L’Anses a déjà émis 9 mises en garde sur des produits spécifiques, comme la p-synéphrine (un complément amincissant), les boissons énergisantes, les compléments à base de levure de riz rouge ou des préparations à base de thé vert.

Au cours du premier semestre 2015, deux autres avis doivent sortir sur les compléments alimentaires destinés à la grossesse et aux sportifs. Enfin, les produits contenant de la spiruline vont être regardés à la loupe.

 



[1] C’est-à-dire les aliments non consommés en Europe avant 1997

 



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