Compléments alimentaires: cas de toxicité en hausse aux USA

Le 10 septembre 2014 par Romain Loury
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Des intoxications hépatiques en hausse
Des intoxications hépatiques en hausse
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Les compléments alimentaires et produits à base d’herbes ne sont pas tous sans danger. Peu contrôlés, ils constituent aux Etats-Unis la seconde cause de lésions hépatiques derrière les médicaments. Or ce genre de toxicité semble se répandre dans le pays, toujours plus gourmand de ces produits, selon une étude publiée dans la revue Hepatology.

Vitamines, minéraux, calcium, oméga-3: au moins un Américain sur deux en consomme. Si le marché ne cesse de grossir, ses retombées négatives aussi. Car aux Etats-Unis comme en Europe, ces produits sont insuffisamment encadrés, au risque d’engendrer des problèmes sanitaires. Notamment de lésions au niveau du foie, organe chargé de nettoyer l’organisme, ainsi en première ligne en cas d’intoxication.

Afin de mieux évaluer les effets dus à ces compléments, des hépatologues américains ont lancé en 2003 le réseau DILIN (Drug-Induced Liver Injury Network), dont la tâche est de recenser dans 8 Etats tout cas de lésion hépatique liée à des médicaments ou à des compléments alimentaires. Publiés dans Hepatology, les derniers résultats révèlent une tendance inquiétante.

De 7% lors des deux premières années de DILIN, le taux de lésions hépatiques dues à des compléments alimentaires au sein de ce réseau est passé à 20% en 2013. Soit un total de 130 cas recensés en 2004-2013, dont 45 en raison de produits utilisés par les bodybuilders, pour la plupart des jaunisses assez bénignes.

Touchant principalement des femmes de plus de 40 ans, les 85 autres cas étaient liés à des compléments alimentaires courants. Mauvaise surprise, ces lésions s’avèrent plus graves que celles liées à des médicaments ou à des produits pour bodybuilders: 11 de ces personnes ont même dû bénéficier d'une greffe hépatique, et 3 sont décédées.

Des étiquettes aussi floues que le contenu

Avant même l'épineuse question de la législation, l’analyse des produits semble difficile. Selon les chercheurs, les compléments alimentaires «contiennent de multiples ingrédients aux noms chimiques souvent peu clairs et variables, ce qui rend difficile l’identification de l’agent toxique».

«De plus, certains produits peuvent sembler inoffensifs, comme les multivitamines. Et il existe de nombreux cas de contamination de produits à base d’herbes par des agents antimicrobiens, des médicaments, des mycotoxines et des métaux lourds. Il se peut aussi qu’il existe des interactions avec des médicaments, et qu’elles soient responsables de lésions hépatiques», ajoutent-ils.

Si elles sont à redouter, les lésions hépatiques ne sont que l’un des possibles effets indésirables des compléments alimentaires. Mi-août, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a émis une nouvelle mise en garde contre les compléments minceur à base de p-synéphrine, composant de l’écorce d’orange amère, au sujet desquels elle dit avoir reçu 18 signalements. En cause, des effets hépatiques, mais aussi cardiovasculaires et neurologiques (voir le JDSA).



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