Compensation : moins de crédits mais plus efficaces

Le 16 mars 2020 par Victor Miget
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L'agence de l'aviation de l'ONU a approuvé des restrictions concernant le programme mondial de compensation carbone destiné aux compagnies aériennes.
L'agence de l'aviation de l'ONU a approuvé des restrictions concernant le programme mondial de compensation carbone destiné aux compagnies aériennes.

L’Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) a annoncé, vendredi 13 mars, qu’elle fermera les projets de réduction des émissions carbone publiées avant 2016.

 

Vendredi 13 mars, à Montréal (Canada), l'agence de l'aviation de l'ONU a approuvé des restrictions concernant le programme mondial de compensation carbone destiné aux compagnies aériennes (CORSIA). La mesure limite le financement par l'industrie de projets anciens, dont les avantages environnementaux sont contestés. Ou, comme le dit Annie Petsonk, avocate internationale pour le Fonds de défense environnemental, «les anciens crédits d'émission dont les dispositions comptables et environnementales étaient douteuses». Les recommandations approuvées visent à exclure les projets de compensation mis en œuvre avant 2016. Ils se poursuivront jusqu’à fin 2020 néanmoins. 

Les 6 programmes retenus sont : American Carbon Registry ; China GHG Voluntary Emission Reduction Program ; Clean Development Mechanism ; Climate Action Reserve ; The Gold Standard ; Verified Carbon Standard.

Plus de sévérité malgré le Covid-19

Si l’OACI ne peut pas imposer de règles, elle établit des normes approuvées par ses 193 pays membres. Son conseil, qui compte 36 membres, a donc évalué quels programmes seraient éligibles dans le cadre du Corsia. Seulement six sur quatorze ont été validés pour la phase pilote de 2021-2023. Ce, malgré les protestations du Brésil, de la Chine et de l'Inde, qui militaient pour que les projets plus anciens soient éligibles.

Certaines organisations écologiques, comme le Fonds de défense de l’environnement (EDF)-, craignaient que le Conseil n’approuve des normes plus faibles pour soulager les compagnies aériennes touchées de plein fouet par l’épidémie de coronavirus. A priori, ce n’est pas le cas. «La décision du Conseil aujourd'hui (vendredi dernier, ndlr) envoie le signal que lorsque nous aurons traversé l’épidémie de Covid-19 […], les nations iront de l'avant pour relever le défi climatique», relève Annie Petsonk.

Vigilance

Mais si la décision de l'OACI est un pas dans la bonne direction, les crédits carbone jugés moins efficaces n’ont pas disparu pour autant. Selon Gilles Dufrasne, responsable des politiques de Carbon Market Watch, rien n’empêche les compagnies aériennes d’y avoir recours. «La porte est toujours ouverte pour qu’elles utilisent des crédits indésirables pour compenser leur pollution». Reste à savoir si elles le feront effectivement. Les programmes pourront de nouveau être soumis à examen et les restrictions adoptées seront réexaminées avant le début de la première phase en 2024.