Commerce d’espèces: girafes, requins et loutres mieux protégés

Le 28 août 2019 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Les girafes en déclin continu
Les girafes en déclin continu

Les girafes, plusieurs espèces de requins et de raies, ainsi que deux espèces de loutres asiatiques, seront désormais mieux protégées face au commerce international, selon des décisions adoptées par la Cites lors de sa 18ème conférence des parties (CoP18), qui s’est achevée mercredi 28 août à Genève.

Victimes de la réduction de leur habitat, ainsi que du commerce de diverses parties de leur corps (cornes, sabots, peau, os), les girafes ont connu un déclin de 36% à 40% lors des trois dernières décennies. Pour la première fois, les 183 parties de la Cites[i] se sont accordés sur une meilleure protection des neuf sous-espèces vivant en Afrique, en les inscrivant à l’annexe II (voir encadré).

L’annexe I de la Cites regroupe les espèces dont le commerce international est strictement interdit, sauf à des visées non commerciales, par exemple à des fins scientifiques (sous couvert de permis d’importation et d’exportation). L’inscription à l’annexe II permet le commerce, avec permis d’exportation. Elle compte aussi les espèces dites «semblables», pas forcément menacées mais ressemblant à des espèces qui le sont.

18 requins et raies inscrites

Idem pour 18 espèces de requins et de raies, dont deux espèces de requins makos (requin-taupe bleu, petit requin-taupe) et six espèces de raies-guitares, pêchées pour leurs ailerons. Toujours côté mer, les concombres de mer, mets culinaire également très apprécié en Asie, font leur première entrée à l’annexe II, avec trois espèces inscrites.

Utilisé dans la médecine traditionnelle chinoise, mais aussi comme animal de compagnie, le gecko tokay, présent en Asie du sud-est, est lui aussi inscrit à l’annexe II. De même que la grue couronnée, d’Afrique subsaharienne, et que le calao à casque rond, présent dans la péninsule malaise, en Indonésie et aux Philippines.

Antilopes saïga, tortues et loutres asiatiques

Seule antilope eurasiatique, la saïga, qui peuple les steppes et les déserts d’Asie centrale, demeure à l’annexe II, mais se voit accorder une condition «zéro export» -ce qui ressemble fort à l’annexe I. Classée en danger critique d’extinction, la saïga est en effet menacée de toutes parts, aussi bien par le braconnage que par les maladies et les sécheresses liées au changement climatique.

Précédemment inscrites à l’annexe II, plusieurs espèces le sont désormais à l’annexe I, qui interdit tout commerce international. Parmi elles, deux espèces de tortues terrestres -la tortue crêpe, originaire du Kenya et de la Tanzanie, la tortue étoilée d’Inde-, ainsi que deux espèces de loutres asiatiques – la loutre cendrée et la loutre à pelage lisse-, vendues comme animaux de compagnie.

Tensions sur l’éléphant

La discussion a été particulièrement tendue au sujet de l’ivoire, dont plusieurs pays africains –Zimbabwe, Tanzanie, Afrique du Sud, Botswana, etc.- demandent la réouverture d’un commerce légal des stocks d’ivoire. La Cites a tenu bon, suscitant la foudre de ces pays, qui se sont publiquement interrogés sur leur intérêt à demeurer membres de la convention.

Du côté des éléphants, la Cites a décidé de durcir les règles régissant la vente d’individus vivants à d’autres pays, par exemple les éléphanteaux vendus par le Zimbabwe aux zoos chinois. Ce commerce ne sera plus autorisé que «dans des circonstances  exceptionnelles», seulement s’ils favorisent la sauvegarde in situ, et après consultation de la Cites et de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

La Cites s’est par ailleurs engagée à accroître son attention sur les fermes à tigres du sud-est asiatique, accusées par les associations d’entretenir le marché du tigre –et donc son braconnage. Elle a aussi appelé le Mexique à mieux empêcher les pêcheurs de pénétrer dans les dernières eaux refuges de la vaquita, plus petit cétacé au monde, et dont il ne resterait que 22 individus.

La 19ème conférence des parties (CoP19) de la Cites se tiendra en 2022 au Costa Rica, pays à la biodiversité aussi riche que menacée.



[i] Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, ou «convention de Washington»

 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus