Comment valoriser les phares du littoral français

Le 12 octobre 2016 par Marine Jobert
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Le phare des Roches-Douvres (Côtes d'Armor).
Le phare des Roches-Douvres (Côtes d'Armor).
© Société nationale pour le patrimoine des phares et balises

Le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) consacre un rapport à ces quelque 200 édifices saisis par la fièvre immobilière, que convoitent opérateurs de téléphonie et communes touristiques.

A une époque où les GPS et autre radars font avancer les navires les yeux fermés, quel est l’intérêt de se pencher sur les quelque 200 phares et maisons-feux[1] du littoral français, dont le dernier gardien a déserté les lieux en 2015? C’est pourtant l’objet d’un rapport du CGEDD, qui consacre une centaine de pages à la valorisation de ces édifices de plus en plus courus, dans l’optique d’affirmer «une politique ambitieuse pour un patrimoine emblématique». Plusieurs rapports, tant du CGEDD que de la Cour des comptes ou de la Direction des affaires maritimes avaient déjà été consacrés à ce sujet, qui mêle sécurité, immobilier et histoire.

Les phares ont un avenir dans l’immobilier (de luxe). Plusieurs projets d’établissements hôteliers haut de gamme sont dans les tuyaux. Comme celui du phare des Roches Douvres, situé à 17 milles marins au large de la baie de Paimpol. «L’arrivée sur place s’effectuerait par hélicoptère pour les clients, les vivres et matériels étant acheminés par bateaux., raconte le CGEDD. L’expérience de vivre en couple (nuit de noces par exemple) ou entre amis, deux nuits dans un lieu d’exception chargé d’histoire, accueilli par un chef et un majordome en grande tenue, correspond bien, selon lui, à un segment de marché qui souhaite ‘vivre la vie du lieu’.» On est loin des forçats de la mer.

Navigation sur carte

L’utilité des phares en tant que moyen de signalisation maritime (redondant en cas de panne de GPS, seul usité chez les moins de 45 ans) demeurerait «si l'enseignement des méthodes de navigation par relèvements est poursuivi, à destination tant des marins professionnels que des marins de plaisance». Une fonction demeurera encore longtemps, note la mission: celle de jalonnement de la côte pour les navires, en particulier dans les zones réputées dangereuses (pointe de la Bretagne), ainsi que le balisage côtier, avec les chenaux d'accès aux ports.

Les opérateurs en l’air

Comme points hauts, les phares ont une certaine utilité pour des antennes VHF, du matériel de défense (Spationav), et des coupoles (faisceaux hertziens) du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross). Les antennes-relais d'opérateurs de téléphonie mobile y ont également trouvé leur place, ce qui rapporte des recettes au service gestionnaire et participe de fait au dispositif de sauvetage maritime (ce que contestent les directions régionales des affaires culturelles, réticentes à les autoriser sur les phares classés ou inscrits).

Un million d’amateurs

Aujourd’hui, près de la moitié des phares et feux remarquables font l'objet d'une protection, «ce qui est exceptionnel dans la catégorie des ouvrages d'art. Rien de semblable en ce qui concerne les viaducs routiers ou ferroviaires, ou même les canaux, pour ne rien dire des barrages.» En deux décennies, les phares sont devenus un pôle d’attraction: 800.000 personnes visitent tous les ans un phare (dont la moitié sur les seules pointes occidentales de Ré et d'Oléron). La fréquentation du phare du Cap Ferret, sur le bassin d'Arcachon, est passé en moins de 20 ans d'une fréquentation de 7.000 personnes à 80.000 aujourd'hui. Certes, le phare coûte cher en entretien, mais il rapporte également beaucoup au territoire qui l'entoure, et ce territoire est parfois de l'échelle d'un département, voire d'une région, note le CGEDD, -lequel préconise des études sur les retombées économiques et sociales induites par la présence d'un phare.

 



[1] Il s’agit d’une construction qui remplit les mêmes fonctions qu’un phare, mais qui est moins haute et avec moins de portée que celui-ci. Elle a une vocation d'habitation, et une partie de sa structure est conçue pour supporter une source lumineuse.

 



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