Comment un magasin de producteurs transforme une exploitation agricole

Le 15 avril 2020 par Stéphanie Senet
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Environ 370 magasins de producteurs en France
Environ 370 magasins de producteurs en France

Piloté par le réseau Civam et l’Afipar , le projet Magpro a analysé, pendant trois ans, l’ouverture et le fonctionnement des magasins de producteurs. Des boutiques militantes qui génèrent, dans deux tiers des cas, des changements dans les exploitations.

C’est l’une des surprises de la crise sanitaire. En plein essor depuis le début des années 2000, les magasins de producteurs sont assaillis depuis le début du confinement, les Français ayant un goût accru pour les produits locaux. On en compte aujourd’hui 370 en métropole, alimentés par 10% des 67.000 producteurs travaillant en circuits courts (hors viticulture). 

Encadré : un magasin de producteurs est «un lieu physique ouvert régulièrement dans lequel les producteurs sont présents à la vente, qui peut pratiquer l’achat-revente et qui est géré collectivement», selon la définition retenue par le projet Magpro.

Une offre diversifiée

Accompagné par l’Inrae et soutenu financièrement par le ministère de l’agriculture, les régions Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes et Pays de la Loire, les départements du Gard et de Loire-Atlantique, le projet Magpro fourmille d’informations pratiques destinées aux porteurs de projets. Il détaille aussi le profil des exploitations qui y recourent. Ainsi en Languedoc-Roussillon, les producteurs de viande y sont particulièrement présents (39%) devant les maraîchers (12%), les viticulteurs (10%), les producteurs de lait (9%), les arboriculteurs (9%), les boulangers (9%), les apiculteurs (7%) et les cueilleurs (5%).

Un magasin militant

Autre conclusion: les producteurs choisissent essentiellement ce mode de distribution pour des raisons militantes, dont le refus des supermarchés et la volonté de faire vivre un territoire. Ils citent ensuite le bien-être lié au travail (réduction de la pénibilité et de l’isolement) et enfin l’opportunité économique et la maîtrise du circuit.

Le principal lieu de vente

Les magasins de producteurs ont aussi transformé les exploitations dans deux tiers des cas. Les fermiers ont largement investi dans des moyens de transport et de nouvelles capacités de production et de transformation. Ce qui les a conduits à diversifier leur gamme. Le plus souvent, ce magasin est devenu leur principal lieu de vente, devant la vente à la ferme ou sur un marché. Une tâche qui leur représente 10 heures de travail par semaine (livraison, vente et gestion de la structure collective). Enfin, ils favorisent l’emploi. Les exploitations concernées comptent plus de salariés qu’une ferme adoptant les circuits courts (3,3 ETP[1] contre 2,3).



[1] Equivalent temps plein