Comment relever le défi de la sécurité alimentaire en 2050 ?

Le 26 janvier 2011 par Célia Fontaine
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la production alimentaire devra figurer en priorité dans les agendas politiques.
la production alimentaire devra figurer en priorité dans les agendas politiques.

Le système alimentaire global consomme les ressources naturelles à un rythme qui n’a rien de durable, prévient un rapport publié le 24 janvier par le gouvernement britannique. Afin d’assurer la sécurité alimentaire de 9 milliards de personnes en 2050, les habitudes vont devoir changer. Immédiatement et drastiquement…

Presqu’un milliard d’habitants sur Terre souffrent aujourd’hui de faim et de malnutrition, une situation qui n’a guère changé ces 20 dernières années, note le rapport final de Sir John Beddington[1], réalisé pour le compte du gouvernement.

Le système alimentaire actuel consomme les ressources naturelles à un rythme supérieur à leur renouvellement. Si l’on ne réduit pas l’empreinte environnementale de ce système, « la capacité de la Terre à produire de la nourriture pour l’humanité sera gravement compromise », estiment les experts. Ajoutons à cela les effets du changement climatique sur les cultures et la raréfaction des ressources (dans le JDLE), la situation offre un défi de taille : comment se nourrir dans les prochaines décennies ?

Avec l’augmentation de la durée de la vie et les progrès de la science, une plus grande proportion de la population mondiale exigera l’accès à une alimentation riche et variée. Mais la compétition pour la terre, l’eau et l’énergie va s’intensifier, contribuant à la dégradation de l’environnement.

Le rapport livre une série de propositions [2] à destination des politiques. La première touche un domaine sensible et controversé. «  Les nouvelles technologies, comme les organismes génétiquement modifiés (OGM), l’usage de clones et les nanotechnologies, ne doivent pas être exclues (…), mais il faudra respecter les opinions des personnes qui s’y opposent », peut-on lire dans le texte.

Il faudra donc accentuer les recherches dans ce domaine et calculer le coût potentiel de non-prise en compte de ces technologies. Cependant, avant leur déploiement, «  la sécurité humaine et environnementale devra être rigoureusement établie ». Il faudra également prendre en compte le fait que les OGM peuvent altérer les relations entre les intérêts commerciaux et les producteurs.

Les experts soulignent d’autre part le poids du gaspillage alimentaire : environ 30 % (certains vont jusqu’à dire 50 %) de la nourriture produite dans le monde est perdue (stockage déficient, transport) ou jetée avant ou après avoir atteint le consommateur. Il suffirait de réduire de moitié ce gaspillage pour diminuer le besoin de nourriture à l'horizon 2050 de l'équivalent du quart de la production annuelle d’aujourd'hui. «  Rendre la chaîne alimentaire plus efficace à travers des mesures de réduction des déchets alimentaires réduirait la pression sur les ressources nécessaires à la production et diminuerait les gaz à effet de serre », rappellent-t-ils.

En ce qui concerne les stocks de poissons, qui se raréfient, le rapport estime qu’une pêche plus responsable peut être encouragée au travers de pressions exercées par les consommateurs et les détaillants. Les initiatives internationales pour contrôler et sanctionner les illégalités doivent se multiplier pour produire des effets.

Par ailleurs, «  la balance entre l’offre et la demande alimentaire [3] peut être modifiée par des mesures destinées à modifier les habitudes alimentaires des gens ». Il faut pour cela partir de l’idée qu’un consommateur mieux informé prendra de meilleures décisions. De nombreuses études ont déjà montré que la consommation de viande, coûteuse en terre et en céréales pour les animaux, devrait être limitée. Il revient donc aux Etats d’inciter les consommateurs à faire des choix plus durables.

De manière générale, la production alimentaire doit figurer en priorité dans les agendas politiques. Il faudra systématiquement conduire les politiques environnementales (ressources en eau, utilisation des terres, mers, écosystèmes) en lien avec celle de l’alimentaire, afin de garantir une meilleure coordination. Cela permettra d’améliorer la «  gouvernance politique et économique du système alimentaire », selon les experts.

Le développement rural et l’agriculture devront être revalorisés. Comme l’a signalé l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dans un rapport récent, il y a eu peu d’investissements dans l'agriculture depuis 1980 et les pays en développement manquent d'experts agronomes qualifiés (dans le JDLE). «  Il est également important de réduire les subventions et les barrières commerciales qui désavantagent les pays à faibles revenus. »

Ces défis seront à relever tout en préservant la biodiversité, la valeur économique de cette dernière ayant été largement démontrée ces dernières années (dans le JDLE).



[1] Foresight Global Food and Farming Futures Project a rassemblé 400 experts contributeurs de 235 pays

[2] Toutes les propositions ne sont pas détaillées dans cet article, se référer au lien pour avoir accès à leur totalité

[3] L’instabilité des prix des matières premières agricoles a augmenté depuis la flambée des cours entre 2006 et 2008



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