Comment réduire les GES du fret ?

Le 23 septembre 2010 par Célia Fontaine
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Le futur annoncé du transport de marchandises international est-il compatible avec la nécessaire réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) ? C’est à cette question que tente de répondre le Centre d’analyse stratégique [1] dans un rapport rendu public le 22 septembre. 

«  Le transport de marchandises produit aujourd’hui près de 10 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone », rappelle Vincent Chriqui, directeur général du Centre d’analyse stratégique. Pourtant, ce thème est quasiment absent du débat public. «  A peine l’a-t-on effleuré lors du Sommet de Copenhague fin 2009 », regrette-t-il. Or ce volume pourrait tripler d'ici 2050 [2]. Il est donc grand temps d’imposer des règles au secteur.

Le rapport « Le fret mondial et le changement climatique » appelle à un effort « aussi vigoureux qu’immédiat ». Cela ne sera pas sans peine, car «  une action volontaire pour diminuer l'empreinte carbone du commerce fait craindre une atteinte aux habitudes de consommation, voire un frein aux échanges commerciaux, et plus généralement à la croissance économique ».

Une trentaine de propositions (techniques, réglementaires et organisationnelles, propres à chaque mode) sont exposées dans le rapport. En ce qui concerne les secteurs maritime et aérien, les émissions de GES pourraient être limitées, par exemple, en imposant des normes plus strictes sur la construction des nouveaux équipements, ou en fixant des objectifs de réduction (comme soumettre le transport maritime interne à l'UE au marché de quotas existants en Europe). Une nouvelle réglementation qui limiterait la vitesse des navires permettrait d’intéressants gains d’énergie. «  La recherche de substituts « verts » au pétrole, notamment au kérosène, devra être intensifiée », préconise le texte.

Quant à la question du transfert modal vers des modes moins consommateurs, chère aux associations écologistes, elle se heurte dans la pratique à de nombreuses difficultés. Pour reporter plus de 15 % du trafic routier vers les trains, il faut d’abord que le secteur ferroviaire «  gagne en compétitivité et en fiabilité, et bénéficie d’un modèle industriel repensé dans un cadre européen », souligne Vincent Chriqui. Pourquoi ne pas mettre en circulation davantage de trains longs et lourds sur des axes dédiés si possible, et sur des trajets internationaux ?

Mais, dans le meilleur des cas, ces mesures ne permettraient que de maintenir les émissions de CO2 à leur niveau actuel, est-il précisé. Cela ne doit pas empêcher les actions dans le champ du transport de marchandises, qui restent «  nécessaires et possibles ».



[1] Le Centre d'analyse stratégique est une institution d'expertise et d'aide à la décision placée auprès du Premier ministre et du secrétariat d'Etat chargé de la prospective. Il a pour mission d'éclairer le gouvernement dans la définition et la mise en œuvre de ses orientations stratégiques en matière économique, sociale, environnementale et technologique.

 

[2] 7 milliards de tonnes de marchandises sont aujourd’hui échangées entre l’Europe, l’Amérique et l’Asie, contre à peine 550 millions en 1950.

 



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