ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article sur WikioPartager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedinPartager cette page sous TwitterS'abonner au flux RSS du JDLE

Comment ramasser les algues vertes sans danger?

Le 16 juillet 2010 par Célia Fontaine

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a rendu le 15 juillet un avis sur les risques sanitaires liés aux gaz émis par les algues vertes en décomposition.

L’agence avait été saisie le 23 février 2010 par les ministres chargés de l’Ecologie, du Travail et de la Santé, dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes. L’avis qu’elle vient de rendre émet des recommandations de prévention à destination principalement des travailleurs exposés tout au long de la filière d’élimination des algues vertes, mais aussi à l’intention du public.

Pour le public, l’Anses recommande aux autorités de mettre en place des panneaux d’information signalant la présence de dépôt d’algues sur les plages concernées, afin « d’avertir les promeneurs d’un danger et les dissuader de pénétrer ces zones dangereuses ». En complément, il faudrait baliser localement les amas d’algues qui ne peuvent être ramassés, avec un périmètre de sécurité d’au moins 30 mètres.

En ce qui concerne les ramasseurs d’algues, l’avis précise que ces dernières doivent être ramassées fraîches, « c’est-à-dire dans les 24 heures, voire dans les 36 heures succédant l’échouage ». Cela permet d’éviter les contraintes lourdes de protection lors du ramassage.

Il en va de même pour le transport et la prise en charge des algues dans les centres de traitement, ces opérations doivent être effectués aussi rapidement que possible : « il devrait s’écouler moins de 48 heures entre le ramassage et le début du traitement des algues », précise l’avis. Il est primordial d’assurer la traçabilité tout au long de la filière ramassage-transport-traitement, en indiquant la date et l’heure du ramassage pour chaque benne, surtout en cas de stockage intermédiaire.

L’Anses invite les travailleurs à installer des manches à air qui indiquent la direction du vent sur les plages afin de limiter les expositions à l’hydrogène sulfuré (H2S) lors du ramassage des algues vertes en décomposition. Dans tous les cas, le port d’un détecteur de gaz tout au long des opérations de ramassage à pied est obligatoire : « si le détecteur d'H2S dépasse le niveau d'alarme de 10 ppm (soit 14 mg/m3), l'opérateur s'équipe d’un appareil de protection respiratoire de type masque complet à cartouche filtrante, disponible à la ceinture, et s'éloigne de la zone polluée ».

Dans le cas où le ramassage et la manutention des algues se fait à l’aide d’engins, ce qui est préférable, l’avis de l’Anses préconise de bien fermer les cabines, avec climatisation et système de filtration efficace pour le piégeage du sulfure d'hydrogène.

Une fois les algues ramassées, elles sont généralement stockées dans des bennes avant d’être acheminées vers des centres de traitement. L’avis recommande d’éviter le stockage dans la mesure du possible, mais s’il est inévitable, « il doit être réalisé dans une benne ouverte et non fermée afin d’empêcher l’accumulation de gaz qui entrainerait une émission brutale d’H2S au moment de l’ouverture ». Il convient d’être également prudent lors du « dépotage », puisque les algues, une fois déchargées, doivent être prises en charge aussi rapidement que possible et « intimement mélangées au structurant afin de réduire le potentiel de formation d’H2S ». Les algues partent ensuite pour traitement dans une installation classée ou sont épandues et enfouies dans les champs. La seule recommandation que l’Anses émet sur cette phase est d’éviter les stockages d’algues « en bout de champ ».

L’Anses va poursuivre ses travaux sur les algues vertes tout au long de l’été, en vue de recommandations complémentaires pour les professionnels concernés.

2 réactions

rene Reinbolt | 19/07/2010 - 21H26

L'utilisation des algues, vertes ou pas,comme engrais est
une procédure ancienne! à condition qu'elles soient
naturelles et non le résultat des pollutions agricoles
domestiques et industrielles! Leur élimination dans les
incinérateurs et centre de stockage n'est pas la solution.
Il faut empêcher leur formation et croissance à la source que nous connaissons tous! On utilise le principe de
précaution pour l'H2S,bien,mais arrêtons de les nourrir
avec des engrais et lisiers. Mais, c'est un rêve d'utopiste!

Réagir |  Signaler un abus |  CITER

claude duport | 17/07/2010 - 21H43

Agro carburant: nous avons une source de matière pouvant être utilisée pour la fabrication d'agro-carburant. Des recherches en Espagne sur l'utilisation des algues existent. Il semble que cette possibilité n'interresse personne en France. Pourtant cela pourait éviter d'utiliser des terres à vocations nouricières pour produire ces agro carburants. Lorsque la resource accidentelle diminuera, et cela mettra de longues années, une culture peut être envisagée en utilisant les rejets d'élevages porcins comme engrais.

Réagir |  Signaler un abus |  CITER

Votre réaction

daniele vannier-brulon



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor