Comment Obama influe sur la politique climatique européenne

Le 02 février 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
En protégeant les intérêts US, Barack Obama oblige la diplomatie européenne à s'adapter.
En protégeant les intérêts US, Barack Obama oblige la diplomatie européenne à s'adapter.
DR

Incapable d’imposer un accord universel sur le climat, l’Europe pourrait emboîter le pas à la diplomatie climatique américaine. Explications.

Les Républicains l’avaient promis. Ils ont tenu parole. Jeudi 29 janvier, le sénat américain, tenu par le Grand Old Party, a adopté une proposition de loi autorisant la construction de l’oléoduc géant Keystone XL.

Porté par la société canadienne TransCanada, ce projet prévoit la réalisation d’un pipeline long de 1.400 kilomètres, reliant l'Alberta (ouest du Canada) au Nebraska. Ce tube, une fois raccordé à un réseau existant, doit transporter le pétrole issu de l’exploitation des sables bitumineux canadiens vers les raffineries texanes.

Deux textes pour un pipeline

Obtenu par une majorité de 62 voix contre 36, le vote des sénateurs américains peut apparaître comme une victoire des Républicains, réputés favorables aux intérêts de l’industrie pétrolière. D’autant qu’il intervient trois semaines après que la majorité républicaine à la Chambre des représentants a fait adopter un texte presque semblable. Les deux chambres du Congrès devront s’accorder sur une formulation définitive.

Pour autant, les pelleteuses ne sont pas encore de sortie. A plusieurs reprises, le président américain a indiqué qu’il poserait son veto à toute loi autorisant le démarrage du chantier. Projet transfrontalier, Keystone XL est, côté américain, un dossier suivi par le département d’Etat.

Pro-climat ou anti fossile?

Doit-on, dès lors, classer Barack Obama comme un président pro-climat ou anti-énergie fossile? Ce serait aller vite en besogne. Au moment où il proposait d’étendre la superficie des zones protégées en Alaska, le locataire de la Maison blanche dévoilait les zones marines potentiellement ouvertes à la prospection pétrolière entre 2017 et 2022.

Le président américain est plus que jamais sur la corde raide. D’un côté, il ne peut se permettre d’accabler l’industrie pétrolière américaine. Gros pourvoyeur de fonds aux associations de soutien au personnel politique, le secteur est touché de plein fouet par l’effondrement des prix mondiaux du brut. Mi janvier, le foreur texan WBH Energy s’est déclaré en faillite.

Des pertes par milliards

La semaine passée, ce sont une centaine de forages qui ont été arrêtés: le double de la moyenne habituelle. Ce lundi 2 février, Exxon a confirmé avoir perdu 2 milliards de dollars (1,7 Md€) en raison de la chute des cours du brut. Chevron devrait réduire de 5 Md$ (4,4 Md€) ses investissements cette année. Ce qui mettra fin à ses recherches de gaz de schiste polonais. Shell et ConocoPhilips ont confirmé des réductions, respectivement, de 15 et 2 Md$ du montant annuel de leurs investissements.

D’un autre côté, le président américain mène tambour battant son offensive en vue de conclure un accord climatique, mi-décembre, conforme aux intérêts américains. Après un accord retentissant, mi-novembre, avec la Chine, Barack Obama a ramené l’Inde à la table des négociations carboniques.

De quoi faire s’interroger la diplomatie française, en principe à la manœuvre pour préparer le sommet climatique de Paris. Jusqu’à présent, le Quai d’Orsay cherchait à obtenir un «accord universel» sous l’égide de l’ONU. Depuis que Washington multiplie les engagements bilatéraux, l’Europe cherche à se mettre au diapason. «On peut imaginer un accord bilatéral entre l'Union européenne et la Chine sur le climat», déclarait Laurence Tubiana, l’ambassadrice chargée des négociations sur le changement climatique, à nos confrères d’Euractiv. Le signe d’un revirement?



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus