Comment lutter contre l’imperméabilisation des sols ?

Le 24 mai 2011 par Célia Fontaine
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les toitures végétalisées, comme ici au Japon, permettent de compenser la perte de sols recouverts.
Les toitures végétalisées, comme ici au Japon, permettent de compenser la perte de sols recouverts.

Chaque jour, l’Union européenne perd environ 252 hectares de sols à cause de l’expansion urbaine et des infrastructures de transport, soit 1 1.000 km2 kilomètres carrés par an. Cette avancée de l’asphalte se fait au détriment de la disponibilité des sols fertiles et des nappes aquifères.

La Commission européenne s’est penchée sur cette question et publie le 23 mai un rapport qui recense les meilleures pratiques européennes pour limiter le rythme de consommation des terres et les effets de l’imperméabilisation des sols.
 
Un quart des organismes vivants de la planète vivent dans le sol. « Le sol est la peau vivante de la terre et rend d’innombrables services à la vie (…). C’est une ressource cruciale qu’on ne peut plus ignorer», rappelait l’Agence européenne de l’environnement (AEE) en janvier dernier (dans le JDLE). Les bactéries et champignons assurent en effet des fonctions essentielles comme la biodégradation de la matière organique, la production de nutriments pour les plantes, la fixation d’azote, la dégradation des polluants, etc.
 
Avec l’explosion de la démographie, en milieu urbain surtout, les sols sont recouverts par des infrastructures toujours plus nombreuses, ce qui a pour effet de les «imperméabiliser». Ainsi recouvert, le sol ne peut plus remplir ses fonctions naturelles (dans le JDLE). L'eau ne peut ni s'infiltrer, ni s'évaporer, le ruissellement s'accentue, avec parfois pour conséquence des inondations catastrophiques, explique la Commission européenne. L’artificialisation des sols s'accompagne également d'une fragmentation et d'un cloisonnement des milieux naturels, défavorables à de nombreuses espèces. Elle concourt à l'augmentation des déplacements et donc à celle des émissions de polluants et gaz à effet de serre.
 
Entre 2000 et 2006, l'augmentation moyenne des surfaces artificielles a été de 3% dans l'UE. C'est en Irlande, à Chypre et en Espagne que cette augmentation a été la plus marquée (respectivement 14%, 14% et 15%), précise le communiqué publié le 23 mai. En France, les espaces artificialisés atteignent 9,4% du territoire en 2008, soit 5,1 millions d'hectares, selon l’Insee. Les mesures d’urbanisme prises dans le cadre des lois Grenelle n’étant pas encore appliquées, il est encore difficile de mesurer leurs effets sur l’imperméabilisation des sols.
 
Pour l’instant, il n'existe aucun corpus législatif ni aucune réglementation visant spécifiquement la biodiversité des sols. La Commission a pourtant présenté en 2006, avec le soutien du Parlement européen, une proposition de directive-cadre sur le sujet. Mais en janvier 2008, une minorité de blocage (constituée de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, de l’Autriche, des Pays-Bas et de la France) s’est opposée à l’adoption du texte, notamment en raison des coûts de mise en œuvre des obligations qui en découleraient.
 
En attendant que les Etats se mettent d’accord, et sans vouloir mettre un terme aux activités économiques ou à la modernisation des infrastructures, la Commission propose dans son rapport une approche en trois volets.
 
Le premier vise l’amélioration de l'aménagement du territoire ou le réexamen des subventions «négatives» qui encouragent indirectement l'imperméabilisation des sols.
Le second suggère la mise en œuvre de mesures d'atténuation afin de limiter les dommages lorsque l'imperméabilisation des sols ne peut être évitée. Il s'agit par exemple de recourir à des revêtements perméables au lieu de l'asphalte ou du ciment classiques, ou de prévoir des toitures végétales. 
 
Les surfaces perméables peuvent améliorer les capacités de drainage du sol recouvert. Elles jouent donc un rôle non négligeable dans la prévention des inondations, puisqu’elles peuvent réduire la quantité et la vitesse de l’eau qui s’écoule. Cependant, ces surfaces ne peuvent pas être considérées comme des méthodes de «protection» du sol, car toutes les techniques nécessitent que l’on retire 30 centimètres de couche de terre pour les remplacer par des gravats, rappelle le rapport de la Commission. 
 
En ce qui concerne les toitures vertes, technique qui consiste à recouvrir le toit des bâtiments d'un substrat végétalisé, celles-ci ne peuvent pas à proprement parler être classées comme «instruments de réduction de l’imperméabilisation des sols». Elles ont surtout pour but de compenser la perte de terres recouvertes par l’asphalte en offrant de nouveaux espaces verts qui rafraichissent l’air des villes denses. Leur capacité de rétention hydraulique est intéressante: les toitures vertes rejettent nettement moins d'eau que les toitures traditionnelles lors d'averses intenses et la qualité des eaux rejetées est également meilleure. Inconvénient: les coûts restent élevés, tant de mise en place que d’entretien, surtout dans les pays où peu d’entrepreneurs les proposent. Le rapport de la Commission note également des inconvénients liés au climat. Les toitures vertes ne résistent pas bien aux vents forts.
 
Le troisième axe proposé par les rapporteurs se concentre sur la mise en place de mesures de compensation permettant de compenser partiellement les pertes de sols dans une zone par d'autres mesures réalisées ailleurs. «Ces mesures peuvent se présenter sous la forme de paiements, comme dans la République tchèque et en Slovaquie, ou d'actions de remise en état de sols déjà imperméabilisés. Des exemples de bonnes pratiques ont notamment été observés à Dresde et à Vienne», peut-on lire dans le communiqué.
 
Le rapport sera officiellement présenté le 25 mai à l'occasion de la conférence consacrée à la Semaine verte.


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus