Comment le gouvernement veut redonner des marges au système électrique

Le 24 juin 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les retards de l'EPR oblige à réduire la puissance de la pointe.
Les retards de l'EPR oblige à réduire la puissance de la pointe.
VLDT

Le ministère de la transition écologique prépare un train de mesures visant à sécuriser l’approvisionnement en électricité du Grand Ouest par le dernier retard de l’EPR de Flamanville.

 

Le nouveau retard annoncé du réacteur EPR de Flamanville n’est pas sans conséquence sur la politique énergétique nationale. D’une puissance supérieure à 1.600 MW, le troisième réacteur de la centrale nucléaire cotentinoise devait sérieusement sécuriser l’approvisionnement en électricité de l’Ouest et notamment de la Bretagne à partir de 2020. Hélas, les problèmes de soudure dénoncés par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) devraient décaler de trois à quatre ans la mise en service commerciale de la tête de série de la nouvelle génération de réacteurs tricolores.

Ce décalage intervient alors que le projet de loi énergie climat prévoit de fermer les quatre centrales au charbon (3 GW de capacités installées utilisées seulement pour la pointe) avant la fin du quinquennat. De quoi créer quelques tensions sur le réseau de transport, en période de forte demande, notamment pour la partie occidentale de l’Hexagone, qui ne produit pas toute l’électricité qu’elle consomme.  

1 GW visé

Comment éviter aux consommateurs du Grand Ouest de se retrouver dans le noir un soir d’hiver froid ou durant une forte canicule? Parallèlement aux débats parlementaires portant sur la loi énergie-climat, le gouvernement prépare un vaste programme visant à réduire la puissance de la pointe de consommation. Le cabinet du ministre de la transition écologique vise une baisse de 1 GW. De quoi éviter la construction de quelques centrales de pointe ou de turbines à combustion.

train de mesures

L’Administration poursuit des discussions avec EDF sur ce sujet. Mais l’on peut imaginer que les deux parties s’inspireront de mesures déjà évaluées par RTE. «Décaler de quelques dizaines de minutes ou de quelques heures un quart des usages non obligatoires, comme le lavage de la vaisselle ou le séchage du linge, permettrait de gagner 500 MW sur la pointe», souligne une porte-parole du gestionnaire du réseau de transport d’électricité. En affinant le pilotage de la recharge d’un million de véhicules électriques (pas avant 2022), on pourrait éviter l’appel inopportun de ce même niveau de puissance. Quelques dizaines de MW pourraient être grappillés en interdisant l’éclairage de bureaux non occupés ou en limitant l’utilisation des panneaux publicitaires lumineux.

décaler les rechargements

Ce n’est pas tout. EDF pourrait aussi décaler dans le temps les chantiers de rechargement en combustible de ses réacteurs pour limiter les pertes de disponibilité durant les périodes de forte demande. En contrepartie, la centrale au charbon de Cordemais (la plus puissante des quatre) pourrait obtenir un petit sursis avant son extinction définitive.

le retour de Landivisiau

La justice pourrait aussi venir à la rescousse. Le 14 juin dernier, le rapporteur public de la cour administrative d’appel de Nantes a conclu au rejet du recours du recours déposé contre le projet de centrale à gaz de Landivisiau (400 MW) par l’association Force 5. Si la cour suivait cette préconisation (ce qui est généralement le cas), tous les recours contre le projet porté par Direct Energie (groupe Total) seraient ainsi purgés. «La centrale pourrait entrer en service avant l’EPR de Flamanville», veut-on croire dans l’entourage de François de Rugy. Réduisant sensiblement les risques de black-out.



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