Comment le changement climatique agit sur les crues

Le 29 août 2019 par Stéphanie Senet
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Le réchauffement rend les crues plus fortes dans le Nord de la France
Le réchauffement rend les crues plus fortes dans le Nord de la France
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Le réchauffement accroît l’amplitude  des crues dans le Nord-Ouest et le Centre de l’Europe et les réduit dans le Sud et l’Est, selon une étude publiée le 28 août dans la revue Nature.

De l’Islande à l’Autriche, l’ampleur des crues s’accroît. Clairement imputable au changement climatique, le phénomène est le fruit de précipitations plus importantes pendant l’automne et l’hiver, et d’une accélération de la fonte des glaces, affirment les chercheurs issus de 35 instituts européens qui ont analysé ces phénomènes entre 1960 et 2010. Dans le Nord-Ouest et le Centre de l’Europe, l’amplitude des inondations peur progresser de 11% en une décennie. Considérable !

Crues moins fortes en Europe de l’Est et du Sud

Au contraire, la baisse des précipitations et la hausse des évaporations ont nettement réduit l’importance des inondations en Europe de l’Est et du Sud, selon cette étude basée sur les données de 3.738 stations de mesure hydrométriques dont plus de 200 en France. Une baisse d’amplitude non négligeable, pouvant atteindre 23% par décennie.

Un bémol à ces tendances générales : des effets inverses sont observés autour des petites rivières d’Europe méridionale et orientale, à cause d’orages plus fréquents et d’une déforestation croissante.

Deux tendances en France

La France connaît les deux scénarios. Au Nord de la Loire, la tendance est à une hausse de l’ampleur des inondations. La partie méridionale, Alpes exclues, voit régresser les débits de crues (sauf pour les petites rivières).

«Au cœur du changement climatique»

 «Les précédentes recherches avaient démontré que le changement climatique perturbait le calendrier des inondations au cours d’une année. Désormais, nous pouvons également affirmer qu’il modifie l’ampleur des inondations», explique Günter Blöschl, professeur à l’université technique de Vienne, qui a piloté l’étude. «Cela nous confirme que nous sommes déjà au cœur du changement climatique. Ces conclusions doivent donc être prises en compte dans les stratégies de gestion des inondations», conclut Günter Blöschl.



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