Comment financer la lutte contre le changement climatique?

Le 11 avril 2011 par Célia Fontaine
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Il faudra trouver le bon équilibre entre fonds publics, fonds perçus sur les marchés internationaux du carbone et fonds privés des banques de développement pour lutter contre le changement climatique après 2012. C’est ce qui ressort d’un rapport européen[1] publié le 8 avril.
 
En décembre 2010, les pays développés se sont engagés à Cancun à mobiliser 100 milliards de dollars (74,67 milliards d’euros) par an d'ici 2020, afin de répondre aux besoins des pays en développement, si ceux-ci prennent des mesures transparentes et significatives pour réduire leurs émissions (dans le JDLE).
 
Pour tenir cet engagement, la Commission a préparé une analyse détaillée: celle-ci montre qu’il sera difficile, mais pas impossible, de réunir une telle somme. «Une solide coordination internationale doit être mise en place pour garantir l'efficacité des dépenses», indique le communiqué de la Commission du 8 avril.
 
Il s’agit de coordonner les actions en faveur du climat et l'aide au développement. Actuellement, plusieurs sources publiques sont déjà mises en œuvre dans l'UE, mais le rapport préconise de mobiliser d'autres ressources publiques, comme les taxes sur le transport international maritime et aérien, ou sur les transactions financières. «Le marché du carbone peut apporter une contribution considérable si, outre une amélioration du mécanisme de développement propre existant, des mécanismes sectoriels applicables au marché du carbone sont mis en place.»
 
En outre, la Commission insiste sur le rôle que devront jouer les banques multilatérales de développement dans l'augmentation du financement international de la lutte contre le changement climatique.  
 
Lancée en juillet 2009, la nouvelle stratégie Energie de la Banque mondiale va déjà en ce sens. L’établissement de Washington vient par exemple d’annoncer qu’elle ne soutiendra plus des projets de plantation de palmiers à huile, responsables de déforestation et donc d’émissions de gaz à effet de serre.  
 
Mais selon les Amis de la terre, la stratégie de la Banque conduirait aussi au financement de projets très grande échelle, incluant le financement des énergies fossiles et de grands barrages «aux conséquences dramatiques pour le climat et les populations».
 
En effet, selon l’ONG qui s’est procuré une version de la stratégie, la Banque ne prévoit aucun moratoire sur le pétrole ou le gaz, et se contente d'annoncer la fin de ses financements au charbon dans les pays à moyens revenus. Il s’agit d’un engagement «minimisé par des failles qui permettront de contourner cette limitation», car l’établissement multilatéral se laisse la possibilité de financer des centrales dès lors qu'elles font appel à des technologies innovantes, telles que le captage et stockage du carbone. Parallèlement, l’institution envisage de continuer à investir dans des projets charbon dans les pays les plus pauvres[2], «en leur en faisant supporter toutes les conséquences environnementales dramatiques».
 
Dans un communiqué du 11 avril, l’association demande donc que cette stratégie Energie «soit profondément revue afin que le texte final permette réellement d'améliorer l'accès à l'énergie des plus pauvres et la transition vers des modèles énergétiques basés sur les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique».


[1] « Scaling up international climate finance after 2012» (Augmenter le financement international de la lutte contre le changement climatique après 2012)
[2] La Banque mondiale pourrait prochainement financer deux nouvelles centrales à charbon au Kosovo, et investir des millions de dollars pour prolonger la durée de vie de la centrale à charbon de Koradi, en Inde. 


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